Les principaux partis politiques du Nouveau-Brunswick continuent de débattre des meilleurs moyens d’attirer des touristes alors que la saison estivale commence.
La ministre du Tourisme, Isabelle Thériault, espère voir les revenus annuels du tourisme augmenter, de 2,7 à 3,7 milliards de dollars d’ici 2031.
Les partis d’opposition critiquent certaines décisions prises pour y arriver, dont celle d’envoyer 13 fonctionnaires à une partie des Blue Jays, l’automne dernier.
Isabelle Thériault lors de l’annonce en avril d’une prolongation de la saison touristique à la plage Parlee.
Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani
Les coûts de ce voyage étaient couverts par le budget de la promotion touristique en Ontario et au Québec, indique la ministre Thériault, qui est satisfaite du partenariat conclu avec les Blue Jays.
Le Nouveau-Brunswick est visible partout durant les parties, à l’écran, sur les panneaux publicitaires
, souligne-t-elle.
La porte-parole du Parti progressiste-conservateur en matière de tourisme, Mary Wilson, dénonce cette dépense.
Des familles ont de la difficulté en matière d’épicerie, de loyer, d’électricité et d’attente pour les soins de santé. Malgré tout, le gouvernement trouve de l’argent pour envoyer 13 employés à une partie des Blue Jays à Toronto
, déplore la députée Wilson.
Les gens ne sont pas mécontents parce que c’était du baseball. Ils sont mécontents parce que cela démontre un décalage complet par rapport à la réalité
, dit-elle.

Mary Wilson, députée d’Oromocto-Sunbury, est porte-parole du Parti progressiste-conservateur en matière de tourisme.
Photo : Radio-Canada
Environ 42 000 personnes ont assisté à cette partie. Les employés ont parlé aux gens et ont distribué du matériel promotionnel, explique Isabelle Thériault.
La ministre ajoute que le gouvernement progressiste-conservateur précédent avait envoyé 35 fonctionnaires à Halifax pendant trois semaines à l’occasion du Championnat mondial de hockey junior, ainsi que 24 fonctionnaires à un spectacle du groupe musical Guns N’ Roses.
Isabelle Thériault a publié sur son compte Facebook une photographie d’un bateau publicitaire du Nouveau-Brunswick installé à Toronto du 21 au 24 mai. Le bateau monte et descend de 16 mètres, pour illustrer l’ampleur des marées de la baie de Fundy.

Le Nouveau-Brunswick a fait installer ce bateau à Toronto, qui y est resté du 21 au 24 mai 2026 pour sa campagne touristique.
Photo : Facebook/Isabelle Thériault
Plusieurs personnes ont réagi à la publication en critiquant le fait que cette publicité était uniquement en anglais. La ministre a répondu à ces commentaires en disant que la promotion est adaptée à la langue officielle de chaque province où elle est déployée. Exemple : en français au Québec, en anglais en Ontario, et bilingue au Nouveau-Brunswick
.
La campagne ne vise pas juste, selon les verts
Le chef du Parti vert, David Coon, estime que la campagne touristique du Nouveau-Brunswick rate la cible comparativement à celles de provinces voisines.
Tout le monde me dit : « Qu’en est-il de la publicité de Terre-Neuve? Qu’en est-il de la publicité de l’Île-du-Prince-Édouard? »
affirme David Coon. Ces publicités sont formidables, elles racontent très bien leur histoire et nous donnent envie d’aller là-bas.
Nous n’avons pas vraiment visé aussi juste.
Parler avec un robot
Le Nouveau-Brunswick pourrait mieux employer son personnel, estime David Coon.
Il n’y a plus de centres d’information touristique à nos frontières. Il n’y a plus d’humain à qui parler, il n’y a qu’un robot
, déplore-t-il.

David Coon, chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Nadia Gaudreau
M. Coon dit avoir essayé le nouveau robot conversationnel du tourisme, vendredi matin. Il juge que les réponses à deux questions laissent à désirer.
Quant à des phares qu’il est possible de visiter en famille, le robot n’a pas mentionné ceux de Miscou et de Grand Manan, qui sont pourtant emblématiques, selon lui. Et quant à des îles habitées à visiter, le robot en a suggéré trois, mais aucune de la Péninsule acadienne ni White Head.
Mary Wilson estime que la province fait fausse route en fermant des sites touristiques. Il s’agit du parc provincial North Lake, de la maison Doak, de la ferme McDonald, de la maison du shérif Andrews et du cap Enragé.
Ne fermez pas le Nouveau-Brunswick rural
, recommande Mme Wilson, en ajoutant que cela nuit aux restaurants, aux boutiques de souvenirs, aux services d’hébergement et de location et à d’autres entreprises touristiques.
Isabelle Thériault réplique que ces installations ne devraient pas toutes rester fermées.
Nous avons des discussions, et nous allons très bientôt conclure des ententes avec certains de ces sites qui continueront de fonctionner.
Il est question de sites touristiques peu visités ou déjà gérés par des tiers, rappelle Isabelle Thériault en ajoutant que du financement provincial demeure offert à ces groupes.
David Coon doute que les organismes communautaires aient les moyens d’entretenir ces sites conformément aux normes gouvernementales.
L’objectif du Nouveau-Brunswick est d’attirer des touristes qui visitent les principales attractions touristiques ainsi que de petites communautés, ajoute Isabelle Thériault.
D’après un reportage de Jennifer Sweet, de CBC
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