Le drapeau chinois planté sur la Lune par la sonde lunaire Chang’e 5 fin 2020. Photo : CNSA/CLEP
Récemment, dans le classement Nature Index Research Leaders, qui distingue les organisations et les pays les plus performants au monde en matière de publications dans des revues scientifiques de haut niveau, la Chine s’est hissée à la première place, devançant largement les États-Unis et l’Allemagne . Ainsi, 9 des 10 meilleures institutions de recherche sont chinoises, tandis que l’université Harvard, aux États-Unis, occupe la 3e place et la Société Max Planck, organisme de recherche scientifique indépendant allemand, la 13e.
Le classement Nature Index Research Leaders montre également que les institutions de recherche chinoises sont en tête dans les domaines de la biologie, de la chimie, de la physique et d’autres sciences appliquées. Il est à noter que les institutions américaines ne surpassent les institutions chinoises que dans les domaines de la santé et des sciences sociales.
D’après Richard Heidler, directeur de la gestion de l’information à la Fondation allemande pour la recherche (DFG), la progression de la Chine a été constante au cours des deux dernières décennies. « Alors qu’au début des années 2000, la Chine se distinguait surtout par un volume important de publications scientifiques, au cours de la dernière décennie, elle a acquis à la fois une forte proportion et un grand nombre de publications scientifiques très citées », a déclaré M. Heidler.
Christina Beck, porte-parole de la Société Max Planck, affirme que la Chine publie non seulement davantage de publications scientifiques, mais aussi des publications de plus en plus brillantes et de meilleure qualité. Selon elle, cette réussite est due au financement constant et systématique que Pékin apporte depuis des années aux institutions scientifiques et aux universités nationales, notamment par le biais de formations internationales pour les chercheurs et d’investissements importants dans les infrastructures de recherche à grande échelle.
Ce classement du magazine Nature intervient dans un contexte de forte concurrence entre la Chine et les États-Unis pour les futures missions spatiales de grande envergure vers la Lune.
La Chine ambitionne d’envoyer des humains sur la Lune avant 2030. Pour ce faire, Pékin mène des essais visant à permettre aux astronautes de vivre et de travailler à long terme dans l’espace, tout en développant et en testant des équipements spécialisés pour ce voyage historique.
Par ailleurs, la Chine prévoit d’établir une base permanente sur la Lune, une étape essentielle pour les futures missions d’exploration spatiale lointaine. À ce jour, elle est le seul pays à avoir collecté 1 935 kg d’échantillons sur la face cachée de la Lune, grâce à sa mission historique Chang’e 6 en 2024.
Parallèlement, la NASA ambitionne de renvoyer des humains sur la Lune d’ici 2028, soit deux ans avant la Chine. Les États-Unis souhaitent également établir une présence lunaire durable, étape essentielle pour de futures missions vers Mars. En avril dernier, quatre astronautes de la NASA ont réalisé un vol historique autour de la Lune dans le cadre de la mission Artemis II, le voyage le plus long jamais effectué depuis la Terre.
Les autorités chinoises reconnaissent depuis longtemps que la technologie est essentielle à la réussite. Dans son 15e plan quinquennal (2026-2030), Pékin appelle à un renforcement continu des capacités d’innovation. Cette stratégie est axée sur le développement de « nouvelles capacités de production », moteurs de croissance fondés sur l’innovation, les technologies de pointe et la transformation industrielle. Le plan met en lumière plusieurs secteurs clés d’avenir, tels que l’intelligence artificielle, les technologies quantiques, la fusion nucléaire, les biotechnologies et les sciences de la vie, les interfaces cerveau-ordinateur, ainsi que l’exploration des grands fonds marins et de l’espace.
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