Que les jeunes filles qui veulent jouer au football aient les mêmes occasions que les garçons de leur âge : tel est le but de Jim Mullin. Pour y arriver, il faut un plan structuré et de l’ambition, et le président de Football Canada donne l’impression qu’il est l’homme de la situation.
De passage à Ottawa pour la deuxième édition du Championnat national de football féminin des moins de 18 ans, Jim Mullin a dressé un bilan positif de l’événement qui est appelé à grandir.
Ce fut une semaine fantastique. Le niveau de jeu des filles est bon. Les joueuses et les entraîneurs apprennent au fur et à mesure. Nous aimons ce que nous voyons
, a-t-il commenté en entrevue avec Radio-Canada, samedi.
Il souhaite voir le championnat prendre de l’expansion année après année : nous jouons actuellement du 6 contre 6 sur un terrain réduit, mais nous voulons que toutes les provinces soient représentées [ce qui n’est pas le cas présentement]. Nous voulons que ce soit un réel championnat national
.
Pour accroître la visibilité et la popularité du football féminin, Jim Mullin a quelques idées, mais il entend aussi compter sur l’apport de partenaires extérieurs. Football Canada a annoncé, en mai dernier, un partenariat avec NFL Canada. L’entente vise, entre autres, à créer des programmes de participation des jeunes de 8 à 12 ans pour le football et le flag-football.
L’Ontario a délégué deux formations pour la deuxième présentation du Championnat national de football féminin M18.
Photo : Devin Doucette
Le président a aussi confiance que le flag-football devienne une discipline olympique pour les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Si cela se concrétise, il s’attend à un coup d’éclat. Nous pourrions assister à une explosion [d’inscriptions].
Actuellement, les jeunes filles qui s’initient au football le font à l’adolescence. Mais Jim Mullin veut les faire rêver dès l’enfance, comme le font les petits garçons du même âge.
Nous envisageons une voie de développement où les jeunes s’impliquent dans le flag-football, puis vers l’âge de 12 ou 13 ans, la jeune fille décide, avec sa famille, si elle veut jouer au football, au flag-football ou encore les deux
, a-t-il expliqué.
Notre équipe nationale féminine s’est rendue en Finlande. Les femmes ont payé entre 4000 $ et 6000 $ pour représenter leur pays. Je trouve cela embarrassant. Si le flag-football devient un sport olympique, il y aura plus d’équipes et plus de ressources, mais en attendant, c’est à notre organisation de faire mieux.
Mais il ne faut pas lui imputer toute la responsabilité du développement et de l’expansion du football canadien. Les fédérations provinciales doivent également contribuer. Certaines équipes, comme l’Alberta et la Saskatchewan, ont déjà implanté une structure, mais d’autres provinces, comme le Québec, se sont présentées à Ottawa sans le moindre financement de leur fédération.
Ce que font les organisations provinciales leur appartient. Nous leur apportons le plus de soutien possible. Il ne faut pas seulement convaincre les amateurs de football de monter à bord. Il faut aussi attirer les entreprises pour créer des partenariats et du parrainage
, a-t-il poursuivi.

La quart-arrière d’Équipe Québec, Frédérique Morneau, a été la grande vedette de ce tournoi, récoltant notamment 10 touchés lors du premier match face au Nouveau-Brunswick. (Photo d’archives)
Photo : Devin Doucette
Un tournoi difficile pour l’équipe autochtone
Parmi les trois formations ajoutées à l’événement cette année, figurait un club composé entièrement de joueuses autochtones. Football Canada a mis de l’avant cette initiative historique
.
En revanche, sur le terrain, les Autochtones ont connu une semaine difficile, s’inclinant 70-0, 53-0 et 41-0. Au terme de la dernière défaite, quelques joueuses pleuraient à chaudes larmes. Un père a tenté de consoler sa fille en lui disant que le but de ce tournoi n’était pas de remporter les grands honneurs, mais plutôt de mettre les bases sur les années à venir
.

L’équipe composée entièrement de joueuses autochtones a subi trois défaites en trois matchs cette saison.
Photo : Devin Doucette
Jim Mullin est en accord avec cela. C’était bien de les voir sur le terrain. Nous avons travaillé pendant trois ans pour cela. Les Autochtones ont voulu faire cela avec leurs propres ressources. Nous avons essayé de leur donner du soutien, et nous allons continuer à le faire. Au bout du compte, ce sont eux qui vont déterminer leurs succès.
Ce ne sont pas seulement les Autochtones qui ont été victimes de raclées cette semaine. D’autres équipes ont également essuyé de cuisantes défaites. Le président de Football Canada a bon espoir que, d’année en année, les matchs à haut pointage vont diminuer.
À la fin d’un cycle de quatre ans, nous allons avoir un niveau de compétition très élevé
, a-t-il assuré.
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