Le Burkina suspend 247 nouvelles associations

La junte burkinabè a suspendu 247 associations pour non-renouvellement de leurs instances dirigeantes, portant à 929 le total en moins d’un mois. Cette décision s’inscrit dans un cadre législatif strict, visant à renforcer le contrôle sur les organisations au sein du pays.

La junte au Burkina Faso a suspendu mardi 247 associations pour « non-renouvellement de leurs instances » dirigeantes, portant à 929 le nombre d’associations suspendues ou dissoutes en moins d’un mois, selon un arrêté ministériel.

Le Burkina est dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir après un coup d’État militaire en septembre 2022. Il prône une politique souverainiste.

Au total, la junte a suspendu 811 associations pour « non-renouvellement de leurs instances » dirigeantes et dissous 118 autres depuis la mi-avril, invoquant des « dispositions légales en vigueur », sans autres précisions.

Les associations suspendues « à compter du 12 mai 2026 » sont situées au Burkina et interviennent notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la santé, de la promotion des femmes et du genre ou de la religion.

« Pendant la durée de la suspension, seules les actions tendant à régulariser la situation de chaque association sont autorisées », précise l’arrêté ministériel.

Amendements sur la liberté d’association

En juillet 2025, le capitaine Ibrahim Traoré a promulgué une loi qui encadre la liberté d’association, les ONG et les syndicats.

Cette loi réaffirme la liberté d’association tout en la subordonnant aux obligations strictes de déclaration, de contrôle administratif et de conformité légale, avec des sanctions pouvant aller jusqu’à la dissolution.

Selon les autorités, la loi vise à renforcer la transparence, faire la cartographie des associations et ONG, et lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du « terrorisme ».

Le pays fait face depuis plus d’une décennie aux offensives meurtrières de groupes ddjihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique sur de larges pans de son territoire.

Les ONG internationales ou associations fonctionnant avec des financements internationaux sont souvent accusées d’espionnage ou de collusion avec les ddjihadistes.

Fin avril, l’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch avait déploré que la loi permettait à la junte d’ »intensifier la répression généralisée de la société civile ».

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