Les évêques du Burkina Niger invitent à renforcer la communion et la cohésion sociale

Au terme de leur visite ad limina initié le 3 mai dernier, les évêques de la Conférence épiscopale Burkina–Niger, ont célébré ce dimanche 10 mai une messe d’action de grâce au cours de la laquelle, ils ont imploré la paix pour les peuples du Sahel et pour le monde entier. La célébration organisée par la FEBUR en collaboration avec l’Associations des fidèles laïcs s’est déroulée dans la chapelle de la maison généralice des missionnaires d’Afrique.

Janvier YAMEOGO – Radio Vatican

En accueillant les fidèles, personnes consacrées, prêtres et leurs pasteurs, le père Odon Kipili, supérieur de la communauté a exprimé la joie et l’honneur des missionnaires d’Afrique d’abriter cette messe. «Sentez-vous chez vous au sein de cette maison où repose dans la crypte en dessous de cette chapelle, notre fondateur le cardinal Lavigerie», a-t-il renchérit  en affirmant qu’une telle assemblée est une occasion de renouer avec l’histoire et les pères dans la foi. En effet, le lieu est chargé matériellement, spirituellement et culturellement d’histoires sur l’Evangélisation de l’Afrique et particulièrement sur l’Evangélisation du Burkina et du Niger. Souhaitant ensuite une bonne célébration Eucharistique aux frères et sœurs du Burkina Faso et du Niger le Père Odon leur a assuré de leurs ferventes prières compte tenu de la situation qui prévaut dans tout le Sahel. «Vous êtes tous bien présents dans nos intentions de prières car nous suivons de près ce qui se passe dans nos familles, nos communautés et nos sociétés.»



Messe de cloture de la visite Ad Limina des évêques du Burkina Niger

Ce fut ensuite au tour du président de la FEBUR (Fraternité Ecclésiale des Burkinabé à Rome et en Italie), l’abbé Achille Sinaré, de souhaiter la bienvenue et de traduire la gratitude de l’Assemblée envers les évêques de la Conférence épiscopale Burkina–Niger ainsi qu’à l’ambassadeur du Burkina près le Saint Siège,  Mr Régis Kévin BAKYONO et aussi la délégation de l’Ambassade du Burkina près le Quirinal qui était présente. Il a ensuite invité toute l’assemblée à une prière fervente pour la paix et la sécurité dans le Sahel et pour que la visite ad limina porte de nombreux fruits pour l’Eglise-Famille de Dieu au Burkina et au Niger. Les chants se sont élevés de la chapelle en plusieurs langues et rythmes du Burkina et du Niger. La présidence de la Messe est revenue à Mgr KONTIEBO Prosper Archevêque Métropolitain de Ouagadougou.

Appel à l’intimité avec le Christ dans une logique d’obéissance filiale.

Dans son homélie sur les textes du 6ème dimanche du temps pascal, l’archevêque de Ouagadougou a invité à prier afin que le Seigneur accorde la paix aux pays au Sahel. Il a surtout invité à cultiver «la configuratio Christi», cette conformation progressive au Christ, qui se réalise non seulement par nos efforts, mais surtout par l’accueil de sa grâce. «Aimer le Christ, a-t-il dit, signifie pour nous entrer dans une logique d’obéissance filiale, qui nous pousse à garder ses commandements». Cela se réalise dans une profonde intimité avec le Christ. «Dans votre situation particulière ici à Rome, cet appel devient encore plus exigeant, a insisté Mgr KONTIEBO soulignant que les études, les responsabilités et les multiples sollicitations peuvent parfois disperser le cœur. Et le risque, a-t-il prevenu, est de vivre une forme de dédoublement entre la fonction et la vie intérieure. L’archevêque de Ouagadougou a souhaité que l’Esprit-Saint, «l’âme de l’Église», selon saint Augustin, soit le principe intérieur de la fidélité et la source de fécondité apostolique car c’est lui qui  assure la communion dans l’Eglise.

Ne pas céder à la peur ni au cynisme, mais être des signes vivants d’espérance

Commentant ensuite la seconde lecture (1 P 3, 15) qui exhorte à être toujours prêts à rendre raison de l’espérance avec douceur et respect, l’archevêque a appelé à la non-violence et à la charité. Face aux défis sécuritaires et aux nombreuses questions existentielles de notre temps, cette exhortation, a-t-il expliqué, «nous appelle à ne pas céder à la peur ni au cynisme, mais à être des signes vivants de l’espérance. Nous ne sommes pas appelés à convaincre par des arguments agressifs, ni à entrer dans des débats stériles qui divisent. Nous sommes appelés à rendre raison de notre espérance dans la douceur et le respect». Ainsi, prêtres, religieux et fidèle laïcs sont-ils vivement exhortés à tenir fermes dans la foi et intègres dans la vie de tous les jours.

Messe de cloture de la visite Ad Limina des évêques du Burkina Niger

Messe de cloture de la visite Ad Limina des évêques du Burkina Niger

Tisser la communion et la cohésion sociale

A l’issue de la messe, Mgr ANIPU Ignatius Kan-Murum, Evêque de Maradi a partagé ce qui l’a marqué. C’est l’encouragement à vivre la communion, la communion entre nous chrétiens, la communion avec la population locale, la communion avec les autorités, la communion avec tout le monde. Toujours selon le témoignage de  l’évêque de Maradi,  le Pape Léon a  insisté sur le dialogue interreligieux avec les frères et sœurs musulmans mais aussi de la religion traditionnelle. C’est à travers le dialogue constant que se tissent la cohésion sociale et la convivialité.

Mgr SAYAOGO Managayoba Gabriel Archevêque Métropolitain de Koupéla a résumé la visite ad limina en ces termes. Au cours des différentes rencontres dans les dicastères, a-t-il avoué, nous avons été écoutés et encouragés. Nous avons pu exposer la situation dans laquelle nous exerçons notre mission pastorale et nous avons reçu encouragements et félicitations. Nous repartons donc très heureux après ces différentes rencontres. La visite ad limina a été ponctuée de moments de prières dans les quatre basiliques de Rome.

Lors d’échanges ultérieurs, plusieurs évêques ont témoigné que cette visite ad limina avait consolidé la cohésion fraternelle de leur Conférence. Cette semaine de vie commune, marquée par des trajets partagés, des repas conviviaux et des temps de prière réguliers, a profondément nourri leur unité spirituelle. 

Mgr BAZIE Yikyi Alexandre

L’initiative du Sahel et son prix du Journalisme pour la Paix et la Cohésion Sociale (PJPCS)

Durant les échanges informels, plusieurs éléments méritent d’être soulignés. C’est d’abord l’engagement de l’Eglise pour un leadership de service à la cohésion et à la paix sociale à travers l’initiative du Sahel pour la paix initialement sous l’appellation Sahel Peace Initiative (SPI) en 2019, et qui regroupait les pays du Liptako-Gourma (Burkina, Mali, Niger) ainsi que le Ghana et la Côte d’Ivoire. A présent, elle tend à s’élargir et Mgr BAZIE Yikyi Alexandre, Administrateur Apostolique du diocèse de Koudougou et Président de la Commission épiscopale Justice et Paix du Burkina (CJP-Burkina) prend le temps d’expliquer le dernier forum régional tenu les 26 et 27 mars 2026 à Bamako et qui a mobilisé les leaders religieux et traditionnels du Mali, du Burkina Faso, du Niger, de la Côte d’Ivoire et du Ghana et a donné lieu à «l’appel de Bamako». Imaginez tous les leaders religieux parlant d’une seule voix afin de restaurer la cohésion sociale et la paix à travers une action collective face à la profonde crise sécuritaire et humanitaire!

Il s’agit d’une synergie de toutes les forces sociales en vue d’une réponse humaine, morale, communautaire, régionale et solidaire au terrorisme dévastateur de la région.

L’initiative du Sahel pour la paix a également organisé une formation pour les journalistes en avril dernier à Ouagadougou et lancé la 5ème édition du Prix du Journalisme pour la Paix et la Cohésion Sociale (PJPCS), prévue en juin 2026 sur le thème: «Renforcement de la paix et de la cohésion sociale à travers la promotion de la résilience, du dialogue communautaire et la lutte contre l’extrémisme violent et la radicalisation».

Eviter la culture du bavardage pour donner force à la Parole

Interrogé sur le retard de l’Église sur les réseaux sociaux, Mgr Lucas Kalfa Sanon a rassuré sur les efforts en cours, tandis que Mgr Alexandre Yikyi Bazié a mis en garde contre la «culture du bavardage», prônant la sobriété propre aux traditions sahéliennes pour préserver la force de la Parole.

Face aux critiques sur le silence de la Conférence épiscopale, plusieurs voix ont rappelé que l’efficacité réside moins dans les indignations numériques que dans le dialogue de coulisses. Dans le contexte complexe du Sahel, cette stratégie de proximité et de discrétion est privilégiée aux communiqués intempestifs.

«Tous pour l’homme et chacun pour les plus vulnérables»

Présent lors de la rencontre, le Secrétaire Exécutif de l’OCADES Caritas Burkina, le Père Constantin Safantié SERE, interpellé lui également, a témoigné qu’il existe en ce moment plus d’un million de Personnes Déplacées Internes (PDI) pour le seul Burkina Faso. En 2021 un forum Pastoral et sécurité a permis d’intéresser toute l’Eglise Famille à la problématique et a ensuite expliqué combien la sollicitude envers les personnes démunies s’organise à travers les diocèses en tenant compte des besoins réels avant de lancer un appel à contribution à chacun des participants afin d’aider à soulager les souffrances des frères et sœurs vulnérables. Que chacun fasse sa part pour moins de souffrances des frères et sœurs démunis.

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