Deux professionnels des médias nigériens incarcérés depuis plusieurs mois ont été remis en liberté cette semaine, une décision saluée par leurs proches et les observateurs de la scène médiatique.
L’un d’eux, Gazali Abdou, correspondant de la radio allemande Deutsche Welle, a obtenu un régime de liberté provisoire, a annoncé la chaîne locale Gaskia. Placé en détention en janvier dernier, il avait été arrêté à la suite d’un reportage sur les conditions de vie des réfugiés nigérians installés à Niamey. Quelques jours plus tôt, Hassane Zada, directeur de publication du journal régional Toubal Info, avait également été relâché après sept mois passés derrière les barreaux à Dosso, dans le sud-ouest du pays. Une source judiciaire a confirmé sa sortie de prison. Ce dernier avait écopé en septembre 2025 d’une peine de trente mois de prison ferme pour des propos jugés injurieux envers le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire au pouvoir.
Depuis le putsch de juillet 2023, une vague d’arrestations a visé les journalistes nigériens. Selon l’Organisation des Nations unies, treize d’entre eux ont été interpellés en 2025, ce qui a suscité des appels répétés à leur libération. En janvier, Ali Soumana, directeur de publication de l’hebdomadaire Le Courrier, avait déjà bénéficié d’une mise en liberté provisoire après quatre mois de détention préventive. Il était poursuivi pour diffamation à la suite d’une plainte du Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine, liée à un article évoquant une affaire de fraude de cigarettes portant sur plusieurs milliards de francs CFA.
Les organisations locales de défense de la presse estiment que six journalistes demeurent incarcérés au Niger, inculpés pour des motifs tels que l’atteinte à la défense nationale ou le complot contre l’autorité de l’État. Cette situation s’inscrit dans une dégradation notable des libertés : en 2026, le Niger a chuté de trente-sept places dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, se positionnant désormais au 120e rang sur cent quatre-vingts pays.
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