Le Mali exclut tout dialogue avec le FLA et le JNIM, des groupes terroristes sous sanctions de l’ONU – La Nouvelle Tribune
Bamako — Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a réaffirmé la position ferme du gouvernement de transition : aucun dialogue ne sera engagé avec les groupes armés qui portent la responsabilité des violences frappant les populations maliennes depuis des années.
M. Diop a visé nommément le Front de libération de l’Azawad (FLA) en raison de ses liens revendiqués avec le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimîn (JNIM), branche sahélienne d’al-Qaïda. Il a rappelé que le JNIM figure sur la liste des sanctions des Nations unies contre al-Qaïda et Daech (référence onusienne QDe.159) depuis le 4 octobre 2018, en vertu de la résolution 2368 (2017) du Conseil de sécurité.
Le FLA scelle son alliance avec al-Qaïda, Bamako ferme la porte
Le 25 avril 2026, le FLA et le JNIM ont lancé une série d’offensives coordonnées contre de multiples localités maliennes — dont Kati, Kidal, Gao, Sévaré et Mopti —, constituant l’escalade militaire la plus importante au Mali depuis la rébellion de 2012. Ces attaques ont notamment visé la base militaire de Kati, résidence du président Assimi Goïta, ainsi que l’aéroport international de Bamako. Le ministre de la Défense, le général Sadio Camara, a été tué lors de l’assaut contre sa résidence.
Le FLA — né en novembre 2024 de la fusion des groupes armés du Cadre stratégique permanent (CSP) — combat pour l’indépendance d’un État touareg au nord du Mali qu’il nomme Azawad. Il contrôle désormais Kidal, et vise également Gao, Ménaka et Tombouctou pour compléter ce territoire autoproclamé.
M. Diop a souligné que, en s’alliant au JNIM, le FLA avait fait le choix délibéré de s’associer à une organisation reconnue comme terroriste par la communauté internationale. Cette alliance entre séparatistes et djihadistes, bien qu’idéologiquement hétéroclite, s’explique par le fait que les deux groupes opèrent dans les mêmes zones et puisent dans les mêmes viviers de combattants issus de communautés marginalisées.
Bamako mobilise ses alliés, Alger nie toute implication
Devant le corps diplomatique accrédité à Bamako, M. Diop a réaffirmé que le Mali ne renoncerait pas à sa détermination d’éradiquer le terrorisme, en coopération avec le Burkina Faso, le Niger et la Russie. Il a par ailleurs accusé des États voisins non nommés d’héberger et de soutenir des groupes armés opérant contre le Mali — des allégations rejetées notamment par l’Algérie, dont le président Tebboune a nié toute implication dans la crise.
Assimi Goïta a pour sa part déclaré, dans une allocution télévisée, que la situation était « d’une gravité extrême » mais « sous contrôle », promettant de réprimer les groupes armés.
Crédit: Lien source