Attaque au Mali : les chauffeurs marocains mis en sécurité à Bamako, l’inquiétude grandit dans le secteur
Les chauffeurs marocains dont les camions ont été incendiés mercredi sur le territoire malien ont finalement été mis à l’abri à Bamako, alors que la profession continue d’alerter sur la dégradation sécuritaire dans plusieurs axes routiers d’Afrique de l’Ouest, devenus particulièrement dangereux pour les transporteurs.
Le secrétaire général national de l’Union Générale des Professionnels du Transport National et International au Maroc, Chergui El Hachmi, a indiqué que les conducteurs concernés se trouvent actuellement « dans une situation sécurisée » au sein d’un hôtel de la capitale malienne, après l’attaque ayant visé plusieurs poids lourds marocains.
Dans une déclaration à Hespress, le responsable professionnel a précisé que les chauffeurs ont bénéficié d’un accompagnement matériel et psychologique afin de surmonter le choc provoqué par cette attaque, qui a ravivé les inquiétudes autour de la sécurité des transporteurs marocains opérant sur les corridors reliant le Maroc aux pays du Sahel et de l’Afrique subsaharienne.
Selon lui, des démarches sont en cours pour organiser leur transfert vers Nouakchott, en Mauritanie, sous escorte sécurisée. L’objectif est de permettre leur retour dans des conditions sûres malgré une situation toujours instable sur le terrain, notamment dans plusieurs zones contrôlées ou infiltrées par des groupes armés.
L’attaque, attribuée à une organisation armée active dans la région, illustre une nouvelle fois la vulnérabilité des routes commerciales traversant le Mali. Depuis plusieurs mois, les professionnels du secteur multiplient les mises en garde concernant la montée des risques sécuritaires sur certains itinéraires stratégiques utilisés par les transporteurs marocains pour alimenter les marchés ouest-africains.
Chergui El Hachmi affirme d’ailleurs que les informations recueillies auprès des chauffeurs présents sur place font état de 14 camions marocains incendiés, un bilan bien plus lourd que les premières estimations relayées dans les heures ayant suivi l’attaque.
Le responsable syndical évoque également une situation devenue « incontrôlable » dans plusieurs secteurs du territoire malien. Il affirme en ce sens que d’autres camions étrangers ont encore essuyé des tirs jeudi, certains chauffeurs n’ayant échappé à une issue dramatique qu’à la faveur de manœuvres d’urgence.
Cet épisode remet sous les projecteurs les difficultés croissantes auxquelles font face les transporteurs marocains opérant en Afrique de l’Ouest. Malgré l’importance des échanges commerciaux du Royaume avec les pays du Sahel et les marchés subsahariens, les professionnels dénoncent depuis longtemps l’absence de véritables dispositifs régionaux de protection et d’escorte sécurisée.
La multiplication des attaques contre les convois commerciaux menace désormais directement la continuité des flux logistiques reliant le Maroc à plusieurs pays africains, notamment pour le transport des produits alimentaires et des marchandises de première nécessité.
Face à cette situation, l’Union générale des professionnels du transport national et international appelle les autorités marocaines à intervenir rapidement pour sécuriser les nombreux chauffeurs encore bloqués dans plusieurs pays de la région, notamment au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Niger ou encore dans différentes localités maliennes.
Pour les professionnels, l’urgence est désormais d’éviter un nouveau drame humain dans une région où les groupes armés étendent progressivement leur emprise sur plusieurs axes routiers stratégiques.
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