Le Ghana va évacuer 300 de ses ressortissants d’Afrique du Sud après des incidents xénophobes

Le Ghana s’apprête à évacuer 300 de ses ressortissants d’Afrique du Sud en réponse à une vague d’incidents xénophobes. Cette décision, approuvée par le président Mahama, reflète les inquiétudes croissantes concernant la sécurité des Ghanéens vivant à l’étranger.

Le Ghana a annoncé mardi l’évacuation de 300 de ses ressortissants vivant en Afrique du Sud, sur fond de recrudescence d’incidents xénophobes dans le pays au cours des dernières semaines.

Dans un message publié sur le réseau social X, le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a indiqué que le président John Dramani Mahama a donné son feu vert à cette opération.

« Son Excellence John Mahama a accordé l’approbation présidentielle pour l’évacuation immédiate de 300 Ghanéens d’Afrique du Sud », a déclaré le chef de la diplomatie ghanéenne.

Selon lui, ces ressortissants « en détresse », se sont enregistrés auprès de la Haute commission du Ghana à Pretoria après les récentes violences et manifestations visant des étrangers.

Le ministre ghanéen a indiqué que le gouvernement assure vouloir « continuer à protéger le bien-être de tous les Ghanéens au pays comme à l’étranger ».

Circonstances des incidents xénophobes

Cette décision intervient alors qu’une série de manifestations antimigrants ont été organisées récemment dans le pays le plus industrialisé d’Afrique, accompagnées d’allégations d’agressions et d’actes d’intimidation contre des ressortissants africains.

Le Nigeria et le Ghana ont exprimé leurs inquiétudes face à cette situation.

Pretoria rejette toutefois les accusations de xénophobie. « Les Sud-Africains ne sont pas xénophobes », a affirmé le porte-parole de la présidence sud-africaine, Vincent Magwenya, début mai.

Selon lui, il s’agit de « foyers de protestation » autorisés par la Constitution sud-africaine. Il a également souligné que les pays doivent s’attaquer à « la mauvaise gouvernance qui pousse les populations à migrer en grand nombre et à chercher refuge dans différentes parties du continent, y compris en Afrique du Sud ».

Fin avril, le haut-commissaire sud-africain à Accra, Thando Dalamba, a été convoqué la veille par le chef de la diplomatie ghanéenne. Il lui a exprimé ses « préoccupations » face aux « actes d’intimidation et de harcèlement contre des ressortissants étrangers, y compris des Ghanéens », selon un communiqué.

Ce dernier faisait notamment référence à un incident survenu lors d’une des marches contre l’immigration organisée à Durban : « Un ressortissant ghanéen, résident légal, a été interpellé et sommé de fournir la preuve de son statut légal, puis invité à quitter l’Afrique du Sud », a indiqué le ministère des Affaires étrangères ghanéen.

L’Afrique du Sud, première économie industrialisée du continent, accueille plus de trois millions d’étrangers, soit environ 5,1 % de sa population.

Mais le chômage élevé, supérieur à 30 %, alimente régulièrement des tensions contre les migrants.

Dans la pire vague de violences anti-migrants de ces deux dernières décennies, 62 personnes ont perdu la vie en 2008. De violents heurts ont aussi éclaté 2015, 2016, et encore en 2019.

Source : AFP

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