Emmanuel Macron regrette qu’au Mali, l’intervention de la France en 2013 a été « reconnue par de l’ingratitude » – franceinfo

Le chef de l’Etat a accordé une interview à TV5 Monde, France 24 et RFI, au dernier jour de son déplacement au Kenya pour un sommet franco-africain.


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Emmanuel Macron au sommet franco-africain à Nairobi (Kenya), le 12 mai 2026. (Brian Inganga/AP/SIPA)

En conclusion de son déplacement au Kenya pour un sommet franco-africain, Emmanuel Macron est revenu longuement sur la situation au Sahel, et notamment au Mali, dans une interview réalisée à Nairobi avec TV5 Monde, France 24 et RFI. Le président français a d’abord réaffirmé le sens de l’intervention française, lancée en 2013 à l’initiative de François Hollande et à la demande du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, pour « éviter la partition du Mali et l’avancée de groupes terroristes dans le Nord ».

Il a rappelé que les armées françaises ont opéré aux côtés du Mali, du Niger et du Burkina Faso « jusqu’en 2020 et même un peu après », dans le cadre d’une mission « clairement demandée par des Etats souverains et soutenue par la Cedeao ». « On a ensuite été reconnu par de l’ingratitude […]. Et j’en veux beaucoup aux dirigeants et à tous ceux qui ont tenu ces propos inacceptables », a-t-il dénoncé.

Emmanuel Macron a aussi regretté de ne pas avoir « repensé la présence militaire française plus tôt » sur le continent, et d’avoir manqué d’exigence envers les dirigeants sahéliens d’avant les coups d’État, en ne les poussant pas suffisamment vers des « projets de développement » dans les territoires repris aux groupes armés.

Le chef de l’Etat s’est dit satisfait de la refonte engagée. « Ces quatre dernières années, on a complètement repensé la relation de sécurité et de paix avec le continent africain », a-t-il poursuivi, évoquant notamment la fermeture de bases militaires. « Et je crois que c’est beaucoup plus sain. On a normalisé les choses et c’est devenu un partenariat équitable et responsable. »

« J’assume avoir durci la politique migratoire », a affirmé Emmanuel Macron dans cette même interview. « Nous étions soumis ces dernières années à une forte pression migratoire et nous devions ajuster le contrôle des entrées. Mais nous restons fidèles à nos valeurs et nous continuerons de protéger ceux qui sont en danger dans leur pays pour leur combat politique », a-t-il promis.

Interrogé sur l’accueil des étudiants africains dans les universités françaises et le coût des frais de scolarité, Emmanuel Macron a affirmé que « la France demeure l’un des pays les moins chers au monde pour son système universitaire ». « Mais les contribuables français ne peuvent pas payer pour que les études soient gratuites pour la terre entière », a-t-il ajouté.


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