Accusé par une partie de la communauté de Koloma 2, dans la commune de Ratoma à Conakry, d’avoir vendu la morgue ainsi qu’une portion de la mosquée du quartier, Bah Siddy est sorti du silence. Dans un long entretien, il rejette catégoriquement les accusations portées contre lui et affirme être le propriétaire légal du terrain et de la maison au cœur du différend.
Revenant d’abord sur son parcours dans la localité, Bah Siddy rappelle qu’il a occupé plusieurs responsabilités administratives. « J’ai eu des responsabilités étant très jeune, j’avais presque 21 ans. J’ai d’abord été chef de quartier, maire, ensuite chef de quartier », a-t-il expliqué.
Concernant les accusations liées à la mosquée, il dit être surpris d’entendre qu’il aurait vendu un lieu de culte. « C’est une première pour moi d’apprendre qu’on peut vendre une mosquée », a-t-il déclaré.
Selon lui, le terrain ayant servi à la construction de la mosquée aurait été offert par son beau-père à la communauté. « c’est mon beau-père lui-même qui a offert le terrain à la communauté afin d’y construire une mosquée proprement dite, vu que c’était un petit sanctuaire. Vu l’augmentation de la population, ça a été agrandi, mais il se trouve que la maison qui se trouve sur le terrain conflictuel était déjà construite depuis 06 ans avant », a soutenu Bah Siddy.

Il affirme également avoir cédé une partie de son domaine pour permettre l’agrandissement de la mosquée. « Quand ils ont voulu agrandir, une délégation est venue me voir pour me demander quelques mètres à ajouter à la mosquée au nom de la religion, chose qui fut faite. Je leur ai donné 07 mètres et il est resté juste une route de passage de près d’un mètre, d’où la proximité entre ma maison et la mosquée », a-t-il expliqué.
Bah Siddy raconte ensuite qu’après son installation temporaire à Dubréka dans le cadre d’un projet d’élevage, il aurait découvert à son retour qu’une morgue avait été construite près de sa maison, sans qu’il ne soit consulté. « Ils ne m’ont pas du tout informé. J’ai juste trouvé qu’ils avaient construit la morgue. J’ai interpellé les auteurs en leur demandant pourquoi ils avaient agi ainsi en sachant que la maison là est à moi. Ils m’ont demandé pardon et comme c’était déjà fait, j’ai laissé tomber », a-t-il relaté.

Il ajoute avoir attiré l’attention des responsables sur la proximité de la morgue avec sa maison. « Mais j’ai attiré leur attention sur le fait qu’ils ont construit la morgue derrière la maison de quelqu’un. Ils ont dit qu’il n’y a pas de problème, qu’ils en sont conscients », a-t-il poursuivi.
Le principal concerné accuse également certains membres de la communauté d’avoir entrepris des travaux de modification dans sa maison sans son autorisation afin d’y loger l’imam et le muezzin de la mosquée. « Ils se sont entendus pour modifier la maison. Ils ont enlevé la toiture, ils ont enlevé la charpente et ils ont commencé à démolir les murs. Tout cela, sans informer et, de surcroît, sans informer aucun membre de ma famille », a-t-il dénoncé.

Informé par un de ses proches, Bah Siddy affirme avoir constaté les dégâts à son arrivée. « Quand je suis arrivé, j’ai effectivement constaté qu’ils avaient enlevé la toiture et cassé les murs », a-t-il déclaré, précisant qu’une délégation était ensuite venue lui demander pardon à plusieurs reprises.
« Ils sont venus deux fois, en me plaidant et en disant qu’ils veulent un logement pour les religieux. Je leur ai dit : comment est-ce que l’imam, qui n’a que ses parents dans les environs, n’a pas pu avoir de logement pour que moi je prenne ma maison et en fasse un logement pour lui ? J’ai dit que je ne suis pas d’accord », a-t-il ajouté.
Selon Bah Siddy, plusieurs médiations ont été menées par les autorités locales afin de clarifier la propriété de la maison. « Il a donc demandé : qui est le propriétaire de cette maison ? Personne ne s’est présenté. Après qu’il ait demandé à plusieurs reprises, j’ai levé le doigt en me déclarant. J’ai désigné mon maçon qui était sur place. Ce dernier a confirmé », a-t-il expliqué en évoquant une rencontre organisée par le chef de zone.
Il dit ensuite avoir rénové la maison endommagée avant de proposer l’érection d’un mur de séparation entre la mosquée et son domaine afin d’éviter de nouveaux conflits. « Je leur ai dit : voici la mosquée, voici ma maison, vu qu’il y a des querelles incessantes, je vais faire une délimitation afin qu’il y ait un mur de séparation entre les deux. C’est là que les problèmes ont surgi. Ils m’ont dit que cela n’allait jamais se faire », a-t-il regretté.
Bah Siddy rappelle également les différentes contributions qu’il dit avoir apportées au développement de la localité. « Toutes ces écoles-là, ça peut aller jusqu’à 4 hectares. C’est moi qui ai offert cela à la communauté. C’est là-bas que tous les enfants d’ici étudient », a-t-il affirmé.
Il estime par ailleurs que la construction de la morgue faisait partie d’une stratégie visant à récupérer sa maison. « Mais désormais, je comprends pourquoi ils avaient construit la morgue. C’était parce qu’ils visaient ma maison. Ils ne savaient pas comment s’y prendre. C’est cette stratégie qu’ils ont utilisée. Mais cela non plus ne marchera pas », a-t-il soutenu.
Tout en affirmant avoir privilégié les voies légales, il assure avoir saisi plusieurs autorités compétentes, notamment le secrétariat général des Affaires religieuses ainsi que le ministère de l’Habitat. « Je suis allé avec mes documents. Il s’est calmé. Il m’a dit qu’il ne savait pas », a-t-il dit à propos de sa rencontre avec le secrétaire général des Affaires religieuses.
Concernant les services de l’Habitat, Bah Siddy rapporte les propos suivants : « nous connaissons tous les domaines de l’État et là-bas, ce n’est pas pour l’État. La maison a été un entrepôt de dotations, mais c’est quelqu’un qui a construit. La maison a abrité un commissariat, mais c’est quelqu’un qui l’a construite. Et c’est Bah Siddy. »
« Voilà donc la situation actuelle », a conclu Bah Siddy.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
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