Les instruments du déploiement africain en installation

Par Djilali B.

La Banque algérienne au Sénégal (ABS) s’apprête à ouvrir deux nouvelles succursales, au Niger et en Côte d’Ivoire. La première a déjà déposé sa demande d’autorisation auprès de la Banque d’Algérie, a indiqué son P-DG, M. Abdelhafid Haned, en marge de la 13e édition du Forum de l’investissement et du commerce organisée par le Centre arabo-africain pour l’investissement et le développement (Caaid). Cette institution financière vient appuyer et en appoint aux contrats entre l’Algérie et le Niger, signés, récemment à Alger, lors de la visite du président nigérien, le général Abdourahamane Tiani.
La Banque algérienne au Sénégal, qui active au Sénégal depuis 2023, envisage d’ouvrir une succursale dans la capitale nigérienne, Niamey, a annoncé, hier à Alger, le directeur général de la banque, Abdelhafid Haned, ajoutant qu’une autre structure similaire sera ouverte en Côte d’Ivoire ultérieurement. Il a confirmé le dépôt de la demande d’agrément pour une nouvelle succursale de la banque au Niger, il y a une dizaine de jours, auprès des autorités monétaires compétentes. «L’ouverture est attendue pour la fin de l’année en cours ou début 2027, dans le cadre de la vision algérienne visant à renforcer la présence bancaire en Afrique et accompagner les entreprises algériennes et les opérateurs sur le continent», a-t-il précisé.
Abdelhafid Haned a souligné que la succursale au Niger constituera «une nouvelle valeur ajoutée et une étape importante pour la banque ABS sur le continent», partant des potentialités économiques dans ce pays, des accords conclus entre l’Algérie et le Niger, notamment ceux signés par Sonelgaz, Sonatrach et Algérie Télécom, et qui ouvriront d’énormes perspectives de coopération dans divers domaines. Mais aussi dans le cadre plus global de la nouvelle vision géostratégique de l’Algérie qui s’appuie sur une stratégie orientée vers le continent, les pays de la sous-région du Sahel. Une politique volontariste qui s’articule autour de grands projets structurants dont la route transafricaine Algérie-Nigeria, en passant par le Niger avec, dans les plans des démembrements vers les autres pays de la région, dont le Mali, le gazoduc Nigeria-Algérie en passant par le Niger ; la dorsale en fibre optique, en sus de la coopération sécuritaire et des projets socioculturels financés par l’Algérie, des accords de partenariat et de coopération économiques alors qu’Alger encourage les opérateurs économiques à «s’exposer» en permanence dans des stands dans le marché des pays concernés. Cette démarche est également soutenue par un déploiement de la compagnie nationale Air Algérie qui a ouvert de nouvelles dessertes vers ces pays.

«Pôle bancaire régional»
L’architecture de cette optique s’installe au rythme des accords et des besoins exprimés par les responsables politiques économiques des pays «frères» de la région ouest-africaine, pour le moment. Une architecture qui représente un axe important de la stratégie de lutte contre l’insécurité et le terrorisme à travers le développement socioéconomique qui va de pair avec l’option militaire.
Plus clairement, M. Haned a précisé que la présence de banques algériennes à l’étranger est de nature à accompagner l’évolution des relations algéro-nigériennes, ajoutant que l’ouverture des deux nouvelles succursales permettra de transformer la Banque algérienne au Sénégal en «pôle bancaire régional» en Afrique de l’Ouest. Et que pratiquement, ABS, en plus des produits de financement, fournit aux hommes d’affaires des services de conseil et d’orientation sur le cadre juridique et réglementaire du marché sénégalais, qu’il s’agisse d’investissement ou d’exportation.
Il y a lieu de rappeler que ABS, dotée d’un capital de 100 millions de dollars, est constituée par le regroupement de quatre banques publiques, la Banque nationale d’Algérie (BNA 40% du capital), le Crédit populaire algérien (CPA 20%), la Banque extérieure d’Algérie (BEA 20%) et la Banque de l’agriculture et du développement rural (Badr 20%).
Par ailleurs, Aboubacar Diallo, directeur exécutif de la Banque algérienne en Mauritanie (Algerian Union bank-AUB), a relevé la dynamique croissante que connaît le partenariat économique algéro-mauritanien, notamment après l’ouverture de trois agences en Mauritanie, soulignant que le volume des échanges commerciaux bilatéraux a atteint environ 500 millions de dollars l’année dernière. L’ouverture de cette banque ainsi que l’installation de stands de produits algériens en Mauritanie est une expérience pilote, compte tenu du volume de son marché, quand bien même ce pays voisin, désormais doté d’une liaison terrestre, peut servir de passerelle pour les produits nationaux destinés au marché des autres pays d’Afrique de l’Ouest.

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