RDC : Le président de la République n’a pas besoin d’un troisième mandat, il a besoin d’un nouveau mandat 

Tribune du citoyen Ntumba wa Mukendi Nshimba, président du MPR-Rénové (Mouvement républicain), institutionnaliste et souverainiste.

La récente déclaration du président de la République, Félix-Antoine Antoine Tshisekedi Tshilombo, affirmant qu’il pourrait accepter un troisième mandat si le peuple le lui demandait, a naturellement relancé le débat national sur l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo.

Au MPR-Rénové, nous estimons cependant que le véritable débat n’est pas celui d’un troisième mandat. Le débat réel, profond et historique est celui de la refondation de l’État congolais.

Nous affirmons avec clarté que le Président de la République n’a pas besoin d’un troisième mandat. Il a besoin d’un nouveau mandat.

Cette nuance est fondamentale, car elle change entièrement la nature du débat politique et constitutionnel actuellement en cours dans notre pays.

Un troisième mandat supposerait la continuité du même ordre constitutionnel, de la même République et des mêmes mécanismes institutionnels. Or, le MPR-Rénové considère que la République démocratique du Congo est arrivée à la fin d’un cycle historique et institutionnel.

Depuis des décennies, notre pays traverse des crises répétitives, guerres, instabilité institutionnelle, conflits armés, faiblesse de l’État, tensions politiques permanentes, contestations électorales et fragilité de la cohésion nationale. Ces difficultés démontrent que les institutions actuelles, héritées d’un modèle souvent éloigné de nos réalités historiques et culturelles, ont atteint leurs limites.

Le problème du Congo n’est donc pas uniquement un problème d’hommes. C’est d’abord un problème de structures, de vision et d’organisation de l’État.

C’est pourquoi le MPR-Rénové défend la nécessité d’un changement profond de Constitution et de l’avènement d’une Quatrième République, adaptée aux réalités géopolitiques, culturelles, territoriales et civilisationnelles de la République démocratique du Congo.

Cette nouvelle République devra être fondée sur une démocratie communautaire et participative, sur la valorisation des territoires, sur la réhabilitation de l’autorité coutumière et sur une gouvernance enracinée dans les réalités africaines.

Le peuple congolais doit redevenir le cœur de la décision politique à travers le référendum populaire, les consultations nationales permanentes et une organisation territoriale plus proche des citoyens.

Dans cette logique, le changement de Constitution par voie référendaire ne constituerait pas une simple révision technique. Il s’agirait d’un acte fondateur donnant naissance à un nouvel ordre constitutionnel, la Quatrième République.

Et lorsqu’une nouvelle République naît, un nouveau cycle institutionnel commence.

Par conséquent, dans le cadre juridique et politique d’une nouvelle République, il ne serait plus question d’un troisième mandat relevant de l’ordre constitutionnel actuel. Il s’agirait d’un nouveau mandat relevant d’une nouvelle République validée souverainement par le peuple congolais.

Le président Félix Antoine Tshisekedi ne serait donc pas candidat à un troisième mandat au sens de la Constitution actuelle. Il pourrait être candidat au premier mandat de la Quatrième République, dans le cadre d’un nouvel ordre constitutionnel approuvé par référendum populaire.

Mais le MPR-Rénové rappelle également qu’aucune réforme constitutionnelle sérieuse ne peut être engagée tant qu’une partie du territoire national demeure occupée.

La priorité absolue reste la libération complète de Goma, Bukavu et de tous les territoires sous occupation étrangère ou sous contrôle des groupes armés soutenus de l’extérieur, notamment l’AFC-M23 et leurs alliés.

La souveraineté nationale ne peut être exercée sous occupation. Une République ne peut organiser sereinement un référendum fondateur alors qu’une partie de son territoire échappe encore à l’autorité de l’État.

Conformément à sa mission constitutionnelle de garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité territoriale et du fonctionnement régulier des institutions, le Président de la République devra assurer la continuité de l’État jusqu’au rétablissement total de l’autorité nationale sur l’ensemble du territoire.

Ce n’est qu’après la libération complète du pays que le peuple congolais pourra être appelé à se prononcer souverainement sur la naissance de la Quatrième République.

Le MPR-Rénové considère ainsi que le moment est venu d’ouvrir un grand débat national sur la refondation de l’État, la modernisation de nos institutions et la construction d’une République forte, stable, enracinée dans son identité africaine et capable d’assurer durablement la puissance et la dignité de la Nation congolaise.

Fait pour servir et valoir ce que de droit.

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.