Le cri d’alerte a été lancé ce mardi 12 mai lors d’une conférence de presse réunissant les représentants des syndicats patronaux et des architectes.
Tous dressent le même constat : le secteur du bâtiment et des travaux publics traverse une crise sans précédent en Martinique.
Selon les chiffres avancés par les professionnels, la filière aurait perdu près de 400 millions d’euros en 18 ans. En cause notamment, une forte baisse de la commande publique et un ralentissement des constructions privées.
« Un étouffement de l’économie et des entreprises »
Faute de chantiers, de nombreuses entreprises se retrouvent aujourd’hui en difficulté financière.
Michel Nerovique, secrétaire général de la CERC (Cellule économique régionale de la construction), décrit une situation devenue critique.
« Si on n’a pas de bénéfices, si on n’a pas de travaux, si on n’a pas de cotisations à jour, donc on ne peut pas travailler », explique-t-il.
Le responsable évoque « un manque d’activité » qui entraîne « un étouffement de l’économie et un étouffement des entreprises ».
Selon lui, les chantiers sont désormais « à un stade très minime », empêchant les sociétés du secteur d’anticiper leur activité et de stabiliser leurs effectifs.
« Elles ne peuvent pas faire de prévisionnel sur leur chiffre d’affaires, leur organisation. Le personnel, c’est difficile parce que les charges évoluent », ajoute-t-il.
Une pénurie de main-d’œuvre qualifiée
Autre difficulté majeure : le manque de personnel qualifié. Les entreprises peinent à recruter des maçons, carreleurs, plombiers, menuisiers ou encore étancheurs.
Les professionnels regrettent également un désintérêt des jeunes pour les métiers du bâtiment.
Face à cette situation, les syndicats réclament une véritable politique de formation mais aussi une relance de la commande publique par la CTM, l’État et les EPCI.
Une hausse des matériaux redoutée en 2026
Les acteurs du BTP demandent également des mesures pour réduire les coûts du transport et des matières premières.
Le secteur craint notamment une nouvelle flambée des prix du ciment et des matériaux de construction dès 2026, ce qui pourrait encore fragiliser davantage les entreprises martiniquaises.
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