Le Congo-Brazzaville veut accélérer son développement industriel

Le président du Patronat congolais, Michel Djombo, a accepté, en avril dernier, de devenir ministre de l’Industrie et du Développement des zones économiques spéciales du Congo-Brazzaville. Une sorte de reconnaissance de l’importance de la thématique économique dans ce pays qui vit principalement de la manne pétrolière.

Bénéficiant de la hausse du prix du pétrole, le Congo devrait connaître dans les prochains mois une hausse de ses revenus : « Dans les trois mois, on verra clairement l’impact pour le pays », explique le ministre Michel Djombo. « Il faudrait faire attention à l’impact inflationniste. L’inflation est aujourd’hui très maîtrisée au Congo, on aura, au 2ᵉ semestre, un impact inflationniste notamment sur les produits importés qui représentent une partie très importante de ce que l’on consomme. »

Le portefeuille de Michel Djombo comprend également la promotion du secteur privé. « Être à la tête du patronat, c’est d’abord promouvoir le secteur privé. On me met, de l’autre côté de la ligne du dialogue public-privé en charge à la fois de trouver les équilibres dans la ligne de conduite de l’État pour les entreprises, mais aussi de trouver les bons dispositifs qui permettent de faire les réformes nécessaires à l’épanouissement des écosystèmes liés à l’entrepreneuriat privé. C’est une vraie prise de conscience de l’importance du développement économique en demandant d’élargir les marges de manœuvre de l’État sur le sujet. On a un grand nombre de porteurs de projets industriels qui n’ont pas encore compris le système des zones économiques spéciales. Le marché congolais est limité et beaucoup d’entreprises se mettent à vendre de façon importante en RDC, il faut emmener les industriels à adopter une stratégie dès le départ qui permette de les faire grandir rapidement dans les meilleures conditions. »

Le problème des financements au Congo est réel pour les PME-PMI, mais pour Michel Djombo ce n’est pas vrai pour les industriels qui n’ont aucune peine à se financer. « Par exemple, la SARIS vient de créer une nouvelle usine pour plusieurs millions d’euros, même chose pour les deux usines d’huile de palme qui vont être lancées avec des investissements de 15 à 20 M€ chacune. À une certaine échelle, la problématique n’existe pas. Pour les PME-PMI c’est un problème réel, il faut que l’on travaille, mais il faut qu’on réfléchisse à mieux les intégrer dans les chaînes de valeurs. Par exemple dans le domaine de fournitures pour l’industrie pétrolière. Le donneur d’ordre doit pouvoir s’engager sur des volumes d’achat annuel. Mais le système ne permet pas le financement de ces promesses en trésorerie. »

Dans la droite ligne du discours d’Emmanuel Macron au Kenya, Michel Djombo prêche pour les partenariats industriels. « On voit bien que la tendance en Europe est de privilégier le commerce à l’export, alors que nous cherchons plutôt l’investissement. Comment faire pour identifier des pistes de co-investissement en bénéficiant de l’expertise française ? Par exemple dans l’agriculture et l’agroalimentaire, il y a un tel niveau d’expertise en France que l’on a naturellement besoin de nombreux projets qui peuvent être menés par les entreprises du secteur. Par exemple, dans l’industrie de la semence, on a besoin d’expertise et de productions locales adaptées. Nous avons une chance indéniable d’être dans un système monétaire sécurisé avec le franc CFA, c’est une garantie pour l’investisseur et pour l’entreprise d’être dans un système stable et connu. »

 

 

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