Le chef de l’aide humanitaire de l’ONU alerte : « le Soudan est un laboratoire d’atrocités »

Amarana Malga

16 Avril 2026Mise à jour: 16 Avril 2026

AA / Bamako / Amarana Maiga

Des dirigeants internationaux réunis mercredi à Berlin ont renouvelé leur soutien au Soudan, alors que le pays entre dans une quatrième année de guerre marquée par une aggravation dramatique de la crise humanitaire.

Lors de cette troisième Conférence internationale pour le Soudan, coorganisée notamment par l’Allemagne, l’Union africaine, l’Union européenne, la France et le Royaume-Uni, plus d’un milliard de dollars d’engagements ont été annoncés pour répondre aux besoins urgents.

Prenant la parole, le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, a dressé un constat alarmant, affirmant que « le Soudan est un laboratoire d’atrocités », évoquant les sièges de villes comme El Fasher, le recours à la violence sexuelle comme arme de guerre et le ciblage d’infrastructures civiles.

Il a également dénoncé le lourd bilan humain, déclarant que « les drones ont tué 700 personnes rien que cette année » et que « 130 travailleurs humanitaires ont été tués en l’espace de trois ans ». Évoquant les échanges avec les familles des victimes, il a confié : « elles me demandent toujours : “Nos proches sont-ils morts en vain ?” ».

Le conflit, qui oppose depuis trois ans les Forces armées soudanaises aux Forces de soutien rapide, a provoqué ce que l’ONU qualifie de pire crise humanitaire et de déplacement au monde.

Environ 34 millions de personnes ont besoin d’aide, tandis que près de 14 millions ont été déplacées.

Tom Fletcher a aussi souligné que « le conflit au Moyen-Orient ajoute une nouvelle couche de complexité », pointant notamment la hausse des prix des denrées alimentaires et du carburant. Il a insisté sur la nécessité de « maintenir les voies d’accès ouvertes » pour l’acheminement de l’aide, en particulier via le point de passage d’Adré.

Dans un message vidéo, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé à une action urgente, déclarant : « ce cauchemar doit cesser » et soulignant que « le financement à lui seul ne saurait remplacer la paix ». Il a plaidé pour « une cessation immédiate des hostilités » et la fin des ingérences extérieures.

De son côté, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, a insisté sur la nécessité de lutter contre l’impunité, affirmant qu’« une action conjointe urgente » est indispensable pour traduire les responsables en justice.

Il a également dénoncé « un réseau complexe d’intérêts stratégiques et économiques » alimentant le conflit, notamment à travers l’exploitation des ressources du pays et les flux d’armes en provenance de l’étranger.

Les Nations unies estiment à 2,2 milliards de dollars les besoins nécessaires cette année pour venir en aide à des millions de personnes affectées par le conflit, tout en appelant la communauté internationale à redoubler d’efforts pour mettre fin à la guerre.

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