Le hantavirus fait son retour en Amérique du Sud : le Chili tire la sonnette d’alarme, près de 40 % des cas étant mortels.
Image microscopique du hantavirus. Source : CDC/Cynthia Goldsmith
Le 30 juillet, le ministère chilien de la Santé a émis sa toute première alerte sanitaire concernant le hantavirus, touchant 13 des 16 régions administratives du pays. Cette décision vise à renforcer la capacité de réponse du système de santé face à l’aggravation de la situation, le Chili surveillant également les risques liés à la dengue, à la fièvre jaune et à la grippe aviaire.
D’après les derniers chiffres des autorités sanitaires chiliennes, le pays comptait, la semaine dernière, 46 cas d’infection à hantavirus, dont 18 décès, soit un taux de mortalité d’environ 39 %. Pour l’ensemble de l’année 2025, on prévoit seulement 44 cas et 8 décès, soit un taux de mortalité d’environ 18 %.
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Le Venezuela a également signalé 3 décès dus au hantavirus.
Le ministère vénézuélien de la Santé a confirmé le 29 juillet trois décès dus au hantavirus dans l’État d’Anzoátegui, dans le nord-est du pays, et a affirmé qu’il n’existe aucune preuve scientifique suggérant que le virus se transmette d’une personne à l’autre au Venezuela.
La vice-ministre de la Santé publique, Alejandra Pizarro, a déclaré que le hantavirus est endémique au Chili et se transmet principalement par les rats à longue queue, qui vivent dans les zones rurales et semi-rurales d’une grande partie du pays.
Mme Pizarro a souligné que le ministère de la Santé surveille en permanence l’évolution du virus et a affirmé que la situation actuelle ne doit pas être considérée comme une épidémie. Cependant, les autorités sanitaires sont particulièrement préoccupées par la forte augmentation du taux de mortalité cette année.
La décision du Chili intervient alors que l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) maintient son alerte épidémiologique concernant le hantavirus à partir de décembre 2025 en raison du nombre croissant de cas en Amérique du Sud.
L’inquiétude grandit suite à l’épidémie à bord du MV Hondius.
Le hantavirus a attiré l’attention internationale en mai suite à une épidémie à bord du MV Hondius, un navire de recherche, lors de son voyage d’Ushuaia (Argentine) vers l’Arctique. Les passagers avaient auparavant transité par certaines régions d’Argentine et du Chili, ce qui a incité l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à coordonner une enquête internationale.

Des membres d’équipage se préparent à nettoyer le paquebot MV Hondius après son arrivée à Rotterdam, aux Pays-Bas, en mai. Photo : Jeffrey Groeneweg/EPA
L’épidémie a entraîné trois décès. Bien que l’OMS ait conclu à l’absence de risque de pandémie, cet incident a soulevé de nouvelles inquiétudes quant à la capacité de surveiller et de détecter précocement le hantavirus.
Selon María Luz Endeiza, experte en maladies infectieuses et maître de conférences à la faculté de médecine de l’université des Andes, l’émission d’une alerte sanitaire est une décision appropriée car elle contribue à renforcer la surveillance épidémiologique dans les zones à haut risque.
Elle a précisé que cet avertissement ne signifie pas que tous les Chiliens courent un risque élevé d’infection, mais vise plutôt à renforcer les mesures préventives dans les zones où le virus circule et à accroître la vigilance des professionnels de la santé afin de détecter précocement les cas suspects.
Le changement climatique et les modifications environnementales augmentent le risque.
D’après les experts, l’augmentation du nombre de cas est le résultat d’une combinaison de facteurs environnementaux et d’activité humaine.
Le hantavirus est excrété dans la salive, l’urine et les excréments des rats infectés. Lorsque ces déchets contaminent l’environnement, l’homme peut être infecté par inhalation de particules de poussière contenant le virus ou par contact avec des zones fréquentées par les rats.
Mme Endeiza a indiqué que les changements des conditions environnementales peuvent modifier les sources de nourriture et les comportements des rongeurs, entraînant une augmentation de leurs populations dans certaines régions. Elle a également souligné que les changements climatiques pourraient indirectement accroître le risque de maladies en affectant les écosystèmes et les populations de rongeurs.
Il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement spécifique.
L’un des principaux défis posés par l’hantavirus est l’absence de vaccin ou de traitement spécifique. De nombreux patients ne consultent un médecin que lorsque la maladie a atteint un stade grave, ce qui réduit leurs chances de guérison.
D’après les experts, bien que le hantavirus soit endémique en Amérique du Sud, le risque de sa propagation à d’autres pays est actuellement considéré comme faible. Les cas de transmission interhumaine sont très rares, et la cordillère des Andes constitue une barrière naturelle, limitant l’aire de répartition des rongeurs porteurs du virus.
Les experts estiment qu’en l’absence de vaccin et face à un taux de mortalité toujours élevé, le renforcement de la surveillance épidémiologique, le dépistage précoce des cas et la sensibilisation du public aux mesures préventives demeurent les solutions les plus importantes pour limiter l’impact du hantavirus au Chili et dans d’autres pays d’Amérique du Sud.
Source : https://daibieunhandan.vn/hantavirus-tro-lai-nam-my-chile-bao-dong-khi-gan-40-ca-mac-tu-vong-10425689.html
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