Le Nigeria, le Soudan, Djibouti et la Somalie rejoignent la nouvelle alliance maritime menée par l’Arabie saoudite
Sanaa Ou Amir Ahamada
01 Août 2026•Mise à jour: 01 Août 2026
AA/Istanbul/ Sanaa Amir
Le 30 juillet, le ministère saoudien de la Défense a publié un communiqué au nom de l’alliance, annonçant la création de l’Alliance multinationale de défense maritime, avec l’Arabie saoudite désignée comme pays fondateur et siège de l’organisation. L’annonce fait suite à une conférence internationale à laquelle ont participé des représentants de 43 pays ainsi que de l’Union européenne.
Membres fondateurs
Quatorze États ont signé la déclaration commune : l’Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, le Pakistan, la Turquie, l’Égypte, la Jordanie, le Yémen, le Bangladesh, le Nigeria, le Soudan, Djibouti et la Somalie. Fait notable, les Émirats arabes unis et Oman pourtant membres du Conseil de coopération du Golfe ne figurent pas parmi les signataires.
Le contexte : la crise en mer Rouge
Les forces houthies au Yémen, soutenues par l’Iran, ont décrété le 20 juillet un blocus naval contre l’Arabie saoudite, revendiquant ensuite plusieurs attaques contre des navires liés au royaume. Depuis, elles ont multiplié attaques de drones kamikazes, missiles anti-navires C-802 d’origine chinoise et mines marines ; le 29 juillet, deux méthaniers américains ont été frappés dans le port égyptien de Damiette, provoquant un incendie majeur. L’Arabie saoudite a riposté par des frappes aériennes contre des installations militaires houthies à Hodeïda.
Objectifs affichés
L’alliance vise à protéger la navigation internationale en mer Rouge, dans le détroit de Bab el-Mandeb et dans le golfe d’Aden. L’enjeu stratégique est de taille : ce détroit, large de seulement 29 kilomètres, voit transiter entre 10 et 12 % du commerce maritime mondial.
Une dimension géopolitique qui dépasse le naval
Au-delà de la sécurisation des routes commerciales, cette coalition redessine les blocs régionaux et marginalise l’Iran, tandis que l’absence des Émirats et d’Oman révèle les limites d’un front anti-iranien unifié. La déclaration conjointe affirme que l’alliance est de nature purement défensive et ne vise aucun pays ni organisation en particulier, un langage diplomatique qui masque mal, selon certains analystes, sa dimension anti-iranienne.
Failles capacitaires soulignées
Plusieurs analystes de défense estiment que l’alliance affiche des ambitions stratégiques légitimes mais peine à convaincre sur le plan capacitaire : disparités technologiques entre membres, absence de doctrine unifiée et lacunes en matière de défense anti-drones. Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane, a par ailleurs rencontré le président américain Donald Trump et le vice-président J.D. Vance le 30 juillet à Washington, affirmant vouloir éviter une escalade avec l’Iran tout en assurant que Riyad pouvait gérer la menace houthie sans intervention américaine directe.
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