Soudan: l’armée affiche des blindés à l’aide de l’Arabie saoudite pour son offensive au Kordofan et au Darfour
Selon plusieurs sources, c’est l’Arabie saoudite, alliée du Pakistan, qui a financé cette récente vente d’armes à l’armée soudanaise. Il s’agit de 100 véhicules blindés Mohafiz V, produits par les Pakistan Military Industries. Ils sont légers, « rapides et adaptés au terrain du Kordofan et du Darfour », offrant une « grande mobilité et un entretien simple », ont indiqué des officiers à Sudan Tribune.
Quant au défilé dimanche des véhicules blindés reçus en fin de mois dernier, cela marque la volonté de Khartoum d’exposer l’aide désormais directe de l’Arabie saoudite à l’armée.
Vendredi 7 août, le ministre soudanais de la Défense, le lieutenant-général Hassan Daoud Karun, a affirmé que l’armée va poursuivre ses opérations militaires afin de chasser les « traitres », désignant sans les nommer les paramilitaires soudanais. Le Premier ministre Kamel Idriss a évoqué quant à lui « les efforts en cours pour libérer le Darfour ».
De médiateur au financement d’armements
Riyad a été médiateur dans la crise entre l’armée régulière menée par le général Abdel Fattah al-Burhan et les paramilitaires des Forces de soutien rapide, dirigés par Mohamed Hamdan Dagolo, dit « Hemedti ». Après la reprise de Khartoum en mars dernier par l’armée soudanaise, Riyad a d’abord financé des hôpitaux, des stations d’épuration d’eau et des centrales électriques : des gestes humanitaires relevant du domaine civil.
Mais le profond différend de l’Arabie saoudite avec les Émirats arabes unis, qui a éclaté en public en décembre 2025, l’a conduite à un changement de position.
Ces multiples déclarations interviennent dans un contexte d’escalade militaire et d’un changement de stratégie de l’armée, qui apparait plus offensive sur le terrain. Elle renforce ses capacités militaires en envoyant du renfort au Kordofan du Nord, théâtre de combats féroces entre les belligérants.
Selon l’Organisation internationale pour la migration (OIM), près de 7 000 personnes ont dû fuir les zones de combats au Darfour de l’Ouest, théâtre de combats acharnés entre les belligérants depuis le 4 août, surtout la région de Bir Saliba. La majorité de ces familles ont traversé les frontières vers le Tchad, affirme l’OIM.
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