Le ministre des Ressources naturelles a déposé mercredi un projet de loi pour le secteur minier. Il s’agit carrément d’une nouvelle loi afin de remplacer l’ancienne, en place depuis 1985, pour espérer relancer une industrie presque inexistante.
Un but de ce projet de loi, c’est qu’on doit avoir un système où on peut donner une bonne réponse dans un temps minimal, mais il est important de faire toutes les choses pour protéger l’environnement
, explique John Herron.
Le ministre dit qu’il faut de 15 à 17 ans pour lancer un projet minier. Règle générale, il aimerait réduire ce délai à moins de 10 ans.
John Herron, ministre des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, en mêlée de presse le 13 mai 2026
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
John Herron précise que le calendrier de chaque projet sera différent, selon qu’il s’agit de relancer une mine ou d’en ouvrir une toute nouvelle, notamment.
Nous voulons nous assurer que nous le faisons plus rapidement. D’un point de vue environnemental, nous sommes plutôt bons. Mais, pour ce qui est des processus au ministère des Ressources naturelles, nous voulons nous assurer que, pour tous les permis, toute la paperasse, nous avons des processus agiles en place
, dit-il.
Le projet de loi propose aussi de renforcer les protections environnementales. Le ministre évoque un travail plus fluide entre son ministère et celui de l’Environnement.
Il est aussi question d’un renforcement de la collaboration avec les Première Nations et les communautés
.
À la question de savoir comment il pourra allier rapidité d’approbation, protections environnementales bonifiées et collaboration accrue, le ministre répond : La réponse courte, c’est qu’il le faudra.
John Herron dit que les promoteurs devront toujours se soumettre à de nombreux tests.
Objectif : relance
Le Nouveau-Brunswick en est à sa dernière mine ouverte, selon le ministre, alors que le secteur comptait pour quelques points de pourcentage du PIB il y a quelques décennies.
Le gouvernement de Susan Holt s’active depuis plusieurs mois à essayer de relancer le secteur minier.

Le projet de mine Sisson à ciel ouvert se situe dans ce secteur, à 100 kilomètres au nord de Fredericton. (Photo d’archives)
Photo : CBC / Roger Cosman
Le projet de mine Sisson, au nord-ouest de Fredericton, a été retenu parmi les projets d’intérêt national et le gouvernement provincial a lancé une stratégie il y a environ deux mois pour encourager la réalisation d’autres projets.
Devant les journalistes, le ministre des Ressources naturelles a exprimé ses intentions de relancer ce secteur d’activité et de lui redonner sa place d’antan, mais aussi d’en faire le petit frère fort
du secteur forestier, le moteur économique de la province, selon lui.
Il explique aussi que le gouvernement fédéral, très intéressé par le secteur minier et particulièrement par les minéraux critiques, veut faire des affaires avec des provinces qui modernisent leur cadre législatif minier.
Une industrie encouragée
Avant de se présenter devant la presse, le ministre des Ressources naturelles, accompagné par la première ministre, est sorti de l’Assemblée législative pour prendre une photo et discuter avec des représentants de l’industrie minière, venus assister au dépôt du projet de loi.
Le président de l’Association des prospecteurs et des entrepreneurs du Nouveau-Brunswick, Robert Murray, est ravi de voir le Nouveau-Brunswick moderniser sa loi.

Des représentants de l’industrie minière sont venus discuter avec le ministre John Herron (à gauche) et la première ministre Susan Holt.
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
Il croit que les ambitions de Fredericton sont pleinement réalisables. Il ne faudrait selon lui qu’une découverte d’importance pour que le secteur minier reprenne du poids par rapport au PIB de la province.
Même avant le dépôt de ce projet de loi, les efforts du gouvernement provincial rapportaient déjà, ce qui témoigne d’un intérêt croissant des entreprises pour le Nouveau-Brunswick.
Dans le passé, nous parlons d’il y a cinq ans, il était difficile d’approcher des entreprises de niveau intermédiaire, de niveau élevé et de progresser avec elles. Dans les dernières années, ça a complètement changé
, dit Robert Murray, dont l’emploi consiste à découvrir des gisements et à attirer des entreprises minières.
L’opposition beaucoup plus critique
Les partis d’opposition se montrent pour leur part beaucoup plus critiques sur le projet de loi.
Pour le chef du Parti progressiste-conservateur, le projet de loi manque de détails et de précisions très importantes pour pouvoir juger de sa pertinence.

Glen Savoie, député progressiste-conservateur de Saint-Jean-Est (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve
Est-ce qu’on a des compagnies qui frappent à la porte en ce moment et qui veulent travailler ici au Nouveau-Brunswick? On ne sait pas. Alors, c’est encore une stratégie qui ne fournit pas de détails. Est-ce qu’on va être des fournisseurs de prix ou des gens qui décident du prix? On ne sait pas. C’est quoi, le prix de base pour les minéraux? On ne sait pas. Qui va payer pour les compagnies? Est-ce que ça va être tout le secteur privé?
s’interroge Glen Savoie.
David Coon, le chef du Parti vert, est pour sa part plus prudent dans sa critique, même pour ce qui est des protections environnementales.

David Coon est le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Le projet de loi a 76 pages, dit-il. C’est une bonne idée de moderniser la loi sur les mines, mais les détails sont importants.
Il se dit néanmoins déçu du peu de place accordée aux Autochtones dans ce projet de loi.
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