Une députée veut bannir les réseaux sociaux et les robots conversationnels des écoles

La députée de Tantramar, Megan Mitton, exhorte le gouvernement du Nouveau-Brunswick à bannir de ses écoles les réseaux sociaux et les agents conversationnels qui utilisent l’intelligence artificielle.

On voit les preuves qu’il y a des impacts très, très négatifs sur les jeunes — on pourrait dire sur les humains — des écrans, des plateformes des médias sociaux et en particulier les chatbots de l’intelligence artificielle, martèle Megan Mitton, députée de Tantramar.

Pendant la période de questions, mercredi à l’Assemblée législative, la députée du Parti vert a demandé au gouvernement libéral de s’inspirer de celui du Manitoba. Dans cette province, le gouvernement néo-démocrate a déposé un projet de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux et aux robots conversationnels pour les moins de 16 ans.

Les réseaux sociaux sont conçus pour susciter une dépendance chez les jeunes, plaide la députée Mitton. Elle craint les impacts à long terme des réseaux sociaux et des robots conversationnels sur le développement du cerveau des enfants.

Megan Mitton est députée verte de Tantramar. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

Est-ce que la ministre de l’Éducation fera au moins le premier pas en interdisant les réseaux sociaux et les robots conversationnels dans les écoles comme l’a proposé la ministre de l’Éducation au Manitoba?, demande Megan Mitton.

La première ministre, Susan Holt, a répondu que l’initiative du Manitoba est intéressante.

Nous avons une équipe qui se penche en ce moment sur les différents leviers politiques que nous avons à notre disposition, affirme-t-elle.

Susan Holt tiens dans ses mains une pile de lettres, elle s'adresse au groupe de jeunes à l'Assemblée Législative.

La première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt (à droite), et la ministre de l’Éducation de la province, Claire Johnson, debout à ses côtés. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Susan Holt a confié qu’elle permet à ses enfants — âgés de 8, 12 et 14 ans — un accès limité aux réseaux sociaux.

ChatGPT à la maternelle?

Megan Mitton attire aussi l’attention sur le nouveau curriculum du gouvernement en littératie numérique. On suggère aux élèves de la maternelle des outils fonctionnant à l’intelligence artificielle.

En tant que maman d’un enfant qui commence la maternelle, je suis extrêmement préoccupée par cette pression pour que les enfants utilisent l’IA, au lieu d’apprendre comment réfléchir.

La ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Claire Johnson, répond que la stratégie de la province couvre la scolarité complète, de la maternelle à la 12e année.

Ça ne veut pas dire que [les enfants à] la maternelle vont commencer à utiliser l’IA. Pour les premières années [d’école], on parle de sensibilisation. Ils ne commencent à utiliser l’IA que beaucoup plus tard, affirme la ministre.

Une personne aux cheveux roux pointe vers le haut. Elle est devant des drapeaux du Nouveau-Brunswick et du Canada.

Claire Johnson est la ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance du Nouveau-Brunswick. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

Lorsqu’on lui a demandé quel âge exactement, Claire Johnson a répondu : À l’adolescence.

Le ministère, dit-elle, dépend beaucoup des gens du terrain.

On se tourne vers les experts du terrain, parce qu’on veut que les décisions soient prises en fonction de la maturité.

La ministre Johnson persiste et signe néanmoins. Elle affirme que les robots conversationnels peuvent contribuer à la création d’un milieu d’apprentissage dynamique, et servir d’outils dans la salle de classe — notamment auprès des enfants qui ont des problèmes d’apprentissage.

L’IA fait partie de notre société et de notre réalité. Notre système d’éducation doit le reconnaître et y faire écho, déclare-t-elle. Nous avons produit une ébauche de stratégie sur l’IA et avons interpellé les parties prenantes, pour voir comment elle pourra être déployée.

Nous avons une politique pour baliser le recours aux robots conversationnels et veiller à une utilisation éthique et responsable, affirme Claire Johnson.

Megan Mitton réitère que l’approche du gouvernement libéral est imprudente.

Je pense qu’il faut vraiment les interdire pour les jeunes et assurer qu’on n’a pas un curriculum dans les écoles qui est en train de promouvoir ces types de technologies.

L’exemple australien invoqué

L’Australie a récemment interdit l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans. Megan Mitton avance que la législation fonctionne dans ce pays, puisque l’usage de Snapchat par les enfants aurait baissé de 40 % depuis janvier dans ce pays.

Je demande au gouvernement de vraiment reculer […] et d’interdire les médias sociaux et les chatbots pour les jeunes, répète-t-elle.

On sait que ça peut créer des problèmes avec le développement de leur cerveau, et comment ils pensent, et je pense que ce n’est pas une bonne idée du tout, dit Megan Mitton.

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.