Nyawan a 30 ans. Avec ses cinq enfants, la jeune femme vient de marcher pendant deux jours sur des routes poussiéreuses, elle le raconte sur le site de la BBC. Comme des centaines de milliers d’autres victimes, Nyawan est juste venue chercher un peu de répit, pour elle et ce qu’il reste de sa famille. Elle vient de perdre ses deux parents. Une frappe aérienne a brûlé le toit de chaume de leur maison. « Le feu est tombé du ciel », dit-elle. Ils n’ont pas survécu.
La situation est de plus en plus chaotique au Soudan du Sud
Avec des combats de plus en plus violents, depuis décembre, entre les forces gouvernementales et celles d’opposition. D’un côté, les soldats du président Salva Kiir, avec son grand chapeau noir. Et de l’autre, les combattants de Riek Machar, son ex-premier-vice-président et éternel adversaire. Accusé de complot, de trahison (ce qu’il conteste), il est placé en résidence surveillée depuis près d’un an.
Tous les deux promettaient, pourtant, un gouvernement d’union nationale. En se partageant pouvoir et responsabilités, dans ce Soudan du Sud, né en juillet 2011. Soit la plus jeune nation du monde, près de 13 millions d’habitants au cœur de l’Afrique. Sauf que les deux hommes n’ont jamais réussi à faire la paix. Rivalités ethniques qui mènent à une guerre civile et particulièrement sanglante, entre 2013 et 2018. Déjà, elle opposait les forces de Kiir à celles de Machar. Elle avait fait plus de 400.000 morts.
Aujourd’hui, les Nations Unies tirent le signal d’alarme
Tant les affrontements sont féroces, en particulier dans l’état du Jonglei, au centre-est du pays. L’armée officielle a réclamé le départ des humanitaires en prévision de nouveaux combats. Les forces de l’ONU tentent de préserver le peu qu’il reste. Avec une population malmenée, déplacée et sans guère de refuge, comme prise au piège à l’intérieur même de ses frontières, sans parler du dérèglement climatique. D’après l’UNICEF, un quart des enfants de moins de 5 ans souffre désormais de malnutrition.
Avec de nombreux blessés, amputés, victimes d’un chaos qui pousse à l’exode, il est massif. Rien que depuis le début du mois, près de 100 000 personnes ont pris la fuite vers l’Ethiopie voisine. Une catastrophe humanitaire, symbolisée par le regard perdu de Nyawan. Mère courage qui a vu trop de morts sur le bord de la route pour espérer le retour de jours meilleurs dans ce Soudan du Sud dont on parle si rarement.
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