Le Soudan s’enfonce toujours plus dans la crise, avec des conflits internes toujours en cours, et fait maintenant face à un choc extérieur.

Le directeur exécutif par intérim du PAM, Carl Skau, a déclaré que plus de 100 000 personnes au Soudan souffrent encore de la faim au niveau le plus critique, selon l’échelle de la Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC 5). Parallèlement, environ 5 millions de personnes sont confrontées à des pénuries alimentaires d’urgence ou catastrophiques, et 19,5 millions de personnes vivent dans une situation d’insécurité alimentaire grave.

Selon le PAM, les récents combats dans le Kordofan du Nord font craindre que la ville d’El-Obeid ne connaisse une situation similaire à celle d’El-Fasher au Darfour, où les tensions militaires ont piégé des civils et perturbé à plusieurs reprises l’acheminement de l’aide humanitaire. Bien que la situation se soit quelque peu apaisée ces derniers jours, l’agence prévoit que le volume d’aide disponible pour la région pourrait passer de 100 000 à 250 000 personnes.

Le PAM reste toutefois préoccupé par la reprise des combats au Darfour, qui a entraîné la fermeture du point de passage de Tine, voie d’acheminement cruciale de l’aide humanitaire en provenance du Tchad. Cette situation risque d’anéantir les progrès accomplis jusqu’à présent.

Les difficultés sont aggravées par le fait que le PAM fait face à un déficit de financement d’environ 646 millions de dollars, suite à la réduction du soutien de plusieurs grands donateurs, dont les États-Unis, le Royaume-Uni et certains pays européens. De ce fait, le nombre de personnes bénéficiant d’une aide alimentaire est passé de 5 millions à environ 3,5 millions, et les rations ont également été réduites dans de nombreuses régions.

Outre l’impact du conflit, le PAM prévient que la flambée des prix du diesel et les pénuries d’engrais, conséquences des tensions dans le Golfe et des perturbations de la navigation dans le détroit d’Ormuz, continueront de peser sur la production agricole, notamment au moment des semailles. Le Soudan dépend fortement des importations d’engrais en provenance des pays du Golfe, tandis que l’irrigation repose principalement sur des pompes diesel, ce qui alourdit considérablement les coûts de production agricole .

Le conflit entre l’armée soudanaise (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF), qui dure depuis quatre ans, continue de déplacer des millions de personnes et de plonger le pays dans la plus grave crise humanitaire au monde . Les organisations humanitaires préviennent que, sans aide rapide, l’insécurité alimentaire au Soudan ne fera que s’aggraver.

Source : https://baoquocte.vn/sudan-lun-sau-vao-khung-hoang-xung-dot-noi-bo-chua-dut-lai-them-cu-soc-tu-ben-ngoai-418661.html

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