Les actes antireligieux restent faibles en Outre-mer, malgré une forte hausse de faits antichrétiens en Polynésie et en Martinique en 2025

2.500, c’est l’estimation d’actes antireligieux recensés en France en 2025 contre les trois grands monothéismes. Des faits « en hausse depuis 2015, tous cultes confondus (+21 % entre 2015 et 2025)« .

C’est le principal enseignement du bilan national publié ce 28 mai par le ministère de l’Intérieur. On entend par acte antireligieux toute action dirigée contre une personne ou un bien en raison de son appartenance réelle ou supposée à une religion, ou de son lien avec une pratique cultuelle.

Un peu plus d’actes antisémites à La Réunion

Dans le détail, le ministère de l’Intérieur pointe une « nette augmentation » des actes antisémites depuis 2023 qui « représentent désormais plus de la moitié des actes antireligieux (environ 53 %)« .

Cette hausse sans précédent de +203% entre 2022 et 2025 s’explique notamment par les attaques terroristes du Hamas en Israël le 7 octobre 2023. « Les actes antisémites sont majoritairement constitués d’atteintes aux personnes« , indique le bilan.

« Près de la moitié des actes antisémites ont été commis dans la région Île-de-France (643 faits)« , est-il précisé. L’autre moitié se situe essentiellement dans les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur (151 faits), Auvergne-Rhône-Alpes (122 faits) et Grand Est (99 faits).

A l’inverse, les chiffres dans les Outre-mer restent relativement bas. Selon la carte du bilan visible ci-dessous, de 2023 à 2025, moins d’une douzaine d’atteintes ont été recensées dans chacun des DROM, sauf à La Réunion qui fait partie des départements où sont comptabilisés entre 12 et 40 actes.

Une hausse des actes antichrétiens dans les Outre-mer

La proportion d’actes antichrétiens, en France, a quant à elle « augmenté entre 2015 et 2022« , avec un pic en 2018 (1.063 faits), avant de diminuer. Une baisse qui s’explique mathématiquement par la forte hausse des actes antisémites et, dans une moindre mesure, celle des actes antimusulmans. Ils sont principalement constitués d’atteintes aux biens.

« L’année 2025 est marquée par une forte hausse d’actes antichrétiens en Outre-mer, avec 41 faits, soit une augmentation de 128 % par rapport à 2024« , précise le bilan qui cite principalement la Martinique (15 faits) et la Polynésie française (11 faits). A Tahiti, deux églises avaient été profanées en l’espace de quelques jours, en janvier 2026.

Les territoires ultramarins sont cependant loin d’être les plus violents. Selon le ministère de l’Intérieur, « l’Aisne, les Landes (29 faits), le Lot-et-Garonne (31 faits chacun) et le Nord (33 faits) sont les territoires les plus touchés« .

En regardant la carte ci-dessous, on peut ainsi lire que de 2023 à 2025, à peine une dizaine de faits antichrétiens ont été recensés à Mayotte et en Guyane, entre 11 et 22 en Guadeloupe et à La Réunion, et entre 22 et 35 en Martinique.

Très peu d’actes antimusulmans

Enfin, les actes antimusulmans ont augmenté progressivement depuis 2010 « avant de rencontrer un pic lors des attentats terroristes de 2015 » (429 faits cette même année). « Après une décrue entre 2016 et 2018, le nombre de faits antimusulmans connaît une nouvelle hausse depuis 2019« , indique le bilan.

Majoritairement constitués d’atteintes aux personnes, ces faits sont « davantage localisés dans les départements urbains« , en premier lieu Paris (26 faits), le Rhône (16 faits) et le Nord (20 faits).

À l’inverse, les Outre-mer semblent peu concernés car aucun des cinq DROM n’a enregistré plus de quatre actes antimusulmans entre 2023 et 2025, comme le montre la carte :

Le ministère de l’Intérieur précise néanmoins que ces violences sont sous-estimées, « ce qui s’explique principalement par le fait que toutes les victimes ne déposent pas plainte« .

Quant aux atteintes visant les cultes bouddhistes, hindouistes et autres, elles sont recensées mais ne figurent pas dans le rapport « eu égard à leur très faible nombre« .

 

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