Plus tôt cette semaine, le gouvernement à Fredericton a annoncé qu’il allait proposer un taux d’imposition foncier aux municipalités pour que la facture des propriétaires néo-brunswickois dépende moins de la valeur de leur maison. Cette nouvelle formule déplaît aux associations municipales qui craignent que leurs membres souffrent de ce changement.
Au micro de l’émission La matinale, le président de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick, Yvon Godin, a qualifié l’approche de paternaliste
.
Ce qu’on n’aime pas, c’est qu’en ce moment on accuse les municipalités d’être les premières responsables de toutes ces augmentations-là que les citoyens ont eu à subir.
M. Godin craint que les municipalités qui ont déjà des problèmes financiers aient à imposer un taux plus élevé que celui proposé par Fredericton.
Yvon Godin, président de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Nous autres, comme municipalité, on dépend à 85 % en moyenne de l’impôt foncier pour notre revenu
, chiffre le directeur général de l’Union des municipalités du Nouveau-Brunswick, Dan Murphy.
Les propos du ministre nous mettent dans une situation précaire parce qu’on n’a pas d’autres sources de financement. La seule source pour adresser les changements climatiques, les nouveaux services, l’itinérance, le logement, ça vient de l’impôt foncier, alors ça va mettre beaucoup de pression sur les municipalités.

Dan Murphy, directeur général de l’Union des municipalités du Nouveau-Brunswick. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada
Imaginez-vous cet automne qu’on fixe pour les municipalités un taux de taxation. Disons, moi si j’étais à 1,50 $, puis que le gouvernement décide qu’il doit être à 1,38 $, s’il fallait expliquer pourquoi on est à 1,50 $, la misère, la difficulté qu’on aura avec nos citoyens de les convaincre des besoins qu’ils ont chez eux
, craint Yvon Godin.
Il admet par contre que l’aspect de la réforme, qui permet une plus grande marge de manœuvre pour fixer le taux d’imposition des biens industriels et non résidentiels lourds, pourrait être bénéfique pour quelques municipalités.
Dan Murphy et Yvon Godin croient tous les deux qu’il est impératif de permettre aux municipalités de diversifier leurs revenus.
Il faut réduire la dépendance à l’impôt foncier chez nos membres
, soutient Dan Murphy.

Susan Holt, première ministre du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada
En entrevue à l’émission Le téléjournal Acadie, Susan Holt explique que le gouvernement a déjà fait beaucoup de travail avec les municipalités au cours des dernières années en créant de nouveaux fonds pour des investissements en infrastructure.
Nous on pense que quand les évaluations montent, les taux de taxes devraient baisser, mais on a laissé de l’espace parce qu’on reconnaît que les municipalités ont besoin d’aide avec leurs coûts, alors il y a une augmentation qui est la même que le coût de la vie, mais on ne veut pas qu’il y ait des augmentations en flèche [comme celles] que les Néo-Brunswickois ont vécues depuis plusieurs années
, a-t-elle expliquée.
Des maires s’expriment
Pour nous, c’est clair : c’est un manque à gagner
, explique le maire de Bois-Joli, Mario Pelletier.
Il partage l’avis des représentants des associations.
Si on n’a pas d’autres investissements, si on n’a pas d’autres sources de revenus qui sont viables pour les municipalités, les municipalités vont avoir de la misère à boucler leur budget financier dans les prochaines années.

Le maire de Bois-Joli, Mario Pelletier. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Le maire de Caraquet, Bernard Thériault, n’est pas du même avis.
C’est une partie des raisons pourquoi je suis entré en politique municipale parce que je me sentais offensé, très souvent, par les maires des municipalités qui se pétaient les bretelles de ne pas avoir augmenté les impôts, mais qui venaient chercher 30 % de plus dans ma facture de taxes
, explique celui qui accueille favorablement la proposition de Fredericton.

Le maire de Caraquet, Bernard Thériault. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Bernard Thériault reconnaît qu’il se place en opposition avec bon nombre d’autres maires, mais il croit que la réforme va forcer les municipalités à se responsabiliser.
On va déterminer ce dont on a besoin pour gérer notre ville, plutôt que de déterminer ce qu’on va dépenser avec l’argent que nos citoyens nous donnaient. C’est une approche qui pourrait être en grande partie une solution. Est-ce qu’on a encore des problèmes financiers? Oui, mais il faudra être raisonnable et embarquer les citoyens dans l’équation.
D’après les informations de Charles-Étienne Drouin et de l’émission La matinale
Crédit: Lien source
