Les Bleus se sont donc pris les pieds dans le tapis le soir où le sélectionneur était célébré comme leur superstar, chants et tifos à l’appui, dans un stade de la Beaujoire où il a fait ses débuts de…
Les Bleus se sont donc pris les pieds dans le tapis le soir où le sélectionneur était célébré comme leur superstar, chants et tifos à l’appui, dans un stade de la Beaujoire où il a fait ses débuts de joueur professionnel et à l’aube de sa dernière mission, aux États-Unis.
Dans une soirée consacrée « à répartir les temps de jeu », comme il l’avait annoncé mercredi, ses joueurs ont montré deux visages. Le premier, plutôt serein et entreprenant, a permis à l’ossature de l’équipe qui devrait démarrer le Mondial de virer en tête à la pause (1-0).
Cherki en évidence
Le second a laissé entrevoir un collectif bien plus maladroit au fil des dix changements réalisés. Et face à une pression ivoirienne décuplée, les Bleus ont été renversés sans avoir vraiment eu leur mot à dire, dans la furia d’un stade où on n’entendait plus que les supporters des Elephants.
Le début de rencontre avait pourtant été idéal pour les Bleus, les deux ballons glissés dans la surface pour Kylian Mbappé (1re, 5e) finalement trop court transformant très vite la Beaujoire en cocotte-minute.
Le capitaine s’offrait une nouvelle occasion mais butait sur Fofana (7e) dans un début de match très ouvert et rythmé. Ses partenaires avaient le pied sur le ballon et n’étaient guère inquiétés par une équipe ivoirienne qui procédait en contre, sans réussite.
Repliée devant sa surface, celle-ci obligeait les Bleus à trouver des solutions dans de petits espaces, ce que les « artistes » Michael Olise et Rayan Cherki, qui ont alterné en position de meneur de jeu, ont tenté de provoquer. Mais le joueur du Bayern Munich a manqué de puissance sur sa tentative après un contrôle délicieux (21e). Et celui de Manchester City a fait la touche de trop (31e) ou vu son centre en cloche aboutir à une tête de Tchouaméni arrêtée par Fofana (40e).
A force de pousser, l’ancien lyonnais a été récompensé, juste avant la pause. Après une première frappe solidement stoppée par Fofana, il récupérait de nouveau le ballon et s’occupait de tout : contrôle pied droit, puis pied gauche, avant de décocher une frappe soudaine du droit imparable (1-0, 45e).
Dès le retour des vestiaires, la physionomie de la rencontre a complètement changé, aidée peut-être par les sorties de Mbappé et Olise, parmi les cinq à avoir cédé leur place à la pause.
Diallo piège les Bleus
Plus tranchants, les Ivoiriens s’approchaient du but de Maignan par vagues. Lancé en profondeur, Guéla Doué réussissait son face-à-face avec le gardien français et égalisait (1-1, 53e). De quoi faire exploser de joie les supporters des Eléphants dans les tribunes, et faire esquisser un léger sourire à Désiré Doué, le frère du buteur, sur le banc des Bleus.
Il fallait un gros retour défensif du Périgourdin Maxence Lacroix pour mettre fin à une nouvelle chaleur avant l’heure de jeu (59e), mais c’était trop facile de mettre à mal la défense française, et trop compliqué de conserver le ballon pour les hommes de Didier Deschamps.
Passé capitaine dès son entrée à la mi-temps, Ngolo Kanté s’est fait chiper les ballons qu’il vient habituellement récupérer dans les pieds. Positionnés sur le front de l’attaque en deuxième période, Jean-Philippe Mateta et Maghnes Akliouche se sont montrés fébriles, tandis que Marcus Thuram, qui a presque disputé la rencontre en intégralité sans se créer de véritable occasion, est sorti sous les sifflets.
Même la pause fraîcheur, instaurée pour la Coupe du monde et testée ce jeudi malgré l’ambiance frisquette de la Beaujoire, n’a pas permis de casser la dynamique ivoirienne. Dans les tribunes, il y avait aussi un air de Mondial, avec ces tenues bariolées, ces maillots orange des fans ivoiriens et ces chants de plus en plus forts.
Trouvé par Guéla Doué d’un centre en retrait parfait, Amad Diallo ne tremblait pas pour battre Maignan depuis le point de penalty (1-2, 84e), offrant à la Côte d’Ivoire un deuxième but et une victoire méritée.
« Nous voir déjà le 19 juillet (date de la finale), ça ne me plaît pas, même pas du tout, sinon on n’a qu’à ne pas faire de matches et on arrive aux États-Unis le 15 juillet. Avant de penser à tout là-haut, il y a des étapes importantes », avait prévenu Didier Deschamps en début de rassemblement.
Son avertissement a pris plus de résonance ce jeudi soir, alors que son équipe doit entrer dans la Coupe du monde le mardi 16 juin contre le Sénégal (21h). Le dernier match de préparation contre l’Irlande du Nord, lundi à Lille (21h10), devra permettre de chasser les doutes, ou au moins de ne pas s’en créer d’autres.
Deschamps : « C’est une piqûre de rappel »
Didier Deschamps, sélectionneur des Bleus. « C’est une défaite et ça ne fait jamais plaisir même si on a fait de bonnes choses en première mi-temps. La 2e mi-temps a été plus difficile même si les nombreux changements n’ont pas aidé. Ce n’est pas une excuse. Les équipes africaines sont hypermotivées contre la France. On a fait des erreurs. Ils ont mis de la vitesse. On a fait des choses moins bien. C’était important de répartir le temps de jeu. Il y a eu moins d’automatismes en deuxième mi-temps. C’est une piqûre de rappel. Il ne faut pas se voir plus beau qu’on est. Après, ça reste un match de prépa. Il y a eu de bonnes choses, des erreurs aussi. »
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