La Russie a désormais dépassé la France en termes d’influence perçue auprès des jeunes Africains, son influence étant particulièrement forte au Burkina Faso, au Congo-Brazzaville et au Tchad, selon l’Enquête auprès des jeunes Africains de 2026.
La dernière enquête auprès de la jeunesse africaine, commandée par la Fondation de la famille Ichikowitz et menée par PSB Insights, a interrogé 4 901 jeunes Africains âgés de 18 à 24 ans dans 16 pays en mars 2026. Il s’agit de la plus grande édition à ce jour de cette enquête régulière, lancée en 2020 pour donner aux gouvernements, aux entreprises, à la société civile et aux médias une compréhension rigoureuse des points de vue de la jeune génération africaine.L’enquête auprès des jeunes Africains de 2026 révèle que l’influence perçue de la France diminue tandis que celle de la Russie progresse fortement, avec une présence remarquable au Burkina Faso, au Congo-Brazzaville et au Tchad.
- L’édition 2026 constate que l’influence perçue de la France est passée de 49 % en 2024 à 47 % en 2026, tandis que celle de la Russie a bondi de 44 % à 54 %.
- L’influence de la Russie est particulièrement marquée dans certaines régions d’Afrique francophone, atteignant 95 % au Burkina Faso et 69 % au Congo-Brazzaville.
- La France bénéficie toujours d’une importante popularité : parmi ceux qui reconnaissent son influence, 87 % la perçoivent positivement et 85 % la considèrent comme une alliée. La Russie, quant à elle, enregistre 83 % d’influence positive et 86 % de statut d’alliée.
- L’efficacité prime désormais sur les liens historiques : 55 % estiment que les pays africains devraient privilégier les partenaires capables de générer des échanges commerciaux et des investissements, quel que soit le système politique ; seuls 15 % choisissent un allié en fonction de l’histoire ou des liens culturels communs.
- Le Burkina Faso affiche également l’un des profils d’optimisme les plus marqués de l’enquête, avec 60 % des personnes interrogées estimant que l’Afrique évolue dans la bonne direction, 83 % disant la même chose de leur pays et 91 % se montrant optimistes ou enthousiastes quant à son avenir.
Avec le recul, on constate à quel point l’équilibre a basculé. Lors de la première enquête auprès des jeunes Africains en 2020, 62 % d’entre eux estimaient que la France exerçait une influence dans leur pays, contre seulement 37 % pour la Russie. Deux ans plus tard, la France conservait une avance considérable, avec 55 % contre 39 % pour la Russie. Les derniers résultats marquent donc un renversement de situation frappant : la Russie est désormais en tête avec 54 %, tandis que la France se situe à 47 %.
Toutefois, parmi les personnes qui considèrent la France comme influente, 87 % perçoivent cette influence positivement, tandis que 85 % la décrivent comme un allié important ou un allié plus ou moins important. La Russie est perçue positivement par 83 % de ceux qui reconnaissent son influence et est considérée comme un allié par 86 % d’entre eux.
Ivor Ichikowitz, fondateur et commissaire de l’Enquête auprès des jeunes Africains, a déclaré : La France se heurte à une dure réalité : l’histoire n’est plus une stratégie. Les jeunes Africains ne doivent à aucune ancienne puissance coloniale une influence permanente et ne maintiendront pas d’anciennes relations par simple sentimentalisme. Au Burkina Faso, au Congo-Brazzaville et au Tchad, la Russie a investi résolument l’espace laissé vacant par la France, en prônant la souveraineté, la force et le respect.
« Aujourd’hui, la jeunesse africaine juge Paris, Moscou, Pékin et Washington selon les mêmes critères : investissez-vous, renforcez-vous la sécurité, créez-vous des opportunités et respectez-vous notre souveraineté ? L’influence appartient à ceux qui sont présents, à l’écoute et agissent. Si vous tenez l’Afrique pour acquise, cette génération passera à autre chose. »
L’influence perçue de la Russie est la plus forte au Burkina Faso, où 95 % des jeunes estiment qu’elle exerce une influence, plus ou moins importante, sur leur pays. Il s’agit du taux le plus élevé enregistré pour l’influence russe parmi les 16 marchés étudiés. Le Congo-Brazzaville suit avec 69 %, puis le Tchad avec 65 %.
Ces trois pays ont récemment développé des liens diplomatiques, économiques et militaires croissants avec la Russie. Ces résultats montrent la rapidité avec laquelle l’équilibre des influences extérieures évolue dans certaines parties d’une région où la France occupe depuis longtemps une place prépondérante sur les plans politique, culturel et sécuritaire.
L’influence russe, aussi forte soit-elle, n’engendre pas un sentiment national uniforme. Le Burkina Faso figure parmi les pays les plus optimistes de l’enquête, tandis que la confiance est bien moindre au Congo-Brazzaville et au Tchad. Seuls 25 % des jeunes Congolais et 15 % des jeunes Tchadiens estiment que leur pays évolue dans la bonne direction.
Le Burkina Faso présente en effet la combinaison la plus frappante de réalignement géopolitique et d’optimisme national, d’après cette enquête. Si 95 % des personnes interrogées perçoivent une influence russe, 60 % estiment que le continent africain évolue dans la bonne direction, 83 % que le Burkina Faso lui-même progresse dans la bonne direction et 83 % ont une opinion positive de l’économie nationale.
Quelque 91 % des personnes interrogées se disent optimistes ou enthousiastes quant à l’avenir de leur pays, un pourcentage ex aequo avec le Rwanda. Ces résultats placent le Burkina Faso parmi les marchés les plus confiants de l’enquête de 2026, malgré les graves défis sécuritaires auxquels le pays est confronté.
L’évolution de l’équilibre des pouvoirs entre la France et la Russie s’inscrit dans un changement plus général dans la manière dont les jeunes Africains choisissent leurs partenaires internationaux. Environ 55 % d’entre eux estiment que leur pays devrait privilégier les alliances avec des puissances capables d’apporter des avantages concrets tels que le commerce et l’investissement, indépendamment de leur système politique. À l’inverse, 42 % pensent que ces puissances sont moins efficaces pour générer des avantages pratiques.
Interrogés sur les critères les plus importants pour choisir un allié international, 43 % des personnes interrogées privilégient la capacité d’investir dans les infrastructures et l’économie. Le respect des ressources naturelles arrive en deuxième position (39 %), tandis que les valeurs démocratiques, le respect des droits humains, la souveraineté et le principe de non-ingérence sont cités par 34 % d’entre elles. L’accès aux technologies de pointe et le transfert de connaissances sont privilégiés par 30 % et le soutien militaire et sécuritaire par 29 %. Enfin, les liens historiques ou culturels communs arrivent en dernière position, avec seulement 15 % des réponses.
L’enquête auprès des jeunes Africains de 2026 a été menée par le biais d’entretiens en face à face au Burkina Faso, au Tchad, au Congo-Brazzaville, en République démocratique du Congo, en Éthiopie, au Ghana, au Kenya, au Libéria, au Mozambique, au Nigéria, au Rwanda, en Somalie, en Afrique du Sud, au Togo, en Zambie et au Zimbabwe.
Autres données clés de l’Enquête auprès des jeunes Africains 2026 :
- Les États-Unis sont perçus comme influents par 81 % des jeunes Africains et la Chine par 79 %. Parmi ceux qui reconnaissent leur influence, 85 % ont une opinion positive de l’influence américaine, contre 95 % pour la Chine.
- 70 % des personnes interrogées estiment que le monde devient plus divisé et plus dangereux.
- 73 % estiment que la démocratie est toujours préférable à toute autre forme de gouvernement, tandis que 56 % affirment que la démocratie de type occidental n’est pas adaptée à l’Afrique et qu’un nouveau modèle africain est nécessaire.
- 47 % des jeunes Africains des huit pays suivis à chaque vague affirment que leur pays va dans la bonne direction, contre 30 % en 2024.
- La création d’emplois nouveaux et bien rémunérés est citée par 27 % comme l’action la plus importante nécessaire au progrès de l’Afrique, suivie par la réduction de la corruption gouvernementale à 25 %.
- 80 % des personnes interrogées sont d’accord pour que le Conseil de sécurité de l’ONU soit réformé afin d’y inclure une représentation africaine permanente.
Vous pouvez télécharger le rapport complet ici :https://zbek.sharepoint.com/:f:/s/Zebek/IgA9aAYW2z19Trj220T4xhD7ASvZ3m7KNlkZdXx9_dkVeas?e=YjnsKR
Les photos et vidéos de l’Enquête auprès des jeunes africains 2026 peuvent être téléchargées ici :https://zbek.sharepoint.com/:f:/s/Zebek/IgA6W18vccCOS4r8wgFu2GiVATyg3EG31bB6TpR2jZ1-3CA?e=6hNwlHÀ propos de l’enquête auprès des jeunes africains
À propos de l’enquête auprès des jeunes Africains :
L’Enquête auprès des jeunes Africains 2026, étude la plus exhaustive de ce type à ce jour, donne la parole à l’un des groupes démographiques les plus influents au monde, offrant aux jeunes Africains l’opportunité de partager leurs opinions, leurs expériences et leurs ambitions. Depuis sa création en 2020, l’Enquête est devenue une ressource précieuse pour les décideurs politiques, les médias et les acteurs concernés, à la recherche d’études de haute qualité sur les enjeux les plus importants pour la jeunesse africaine. Menée par PSB Insights, cabinet de conseil international spécialisé dans les études de marché, l’enquête a couvert 28 pays depuis 2020, avec près de 19 000 entretiens en face à face.
Les entretiens ont été menés en mars 2026. Environ 300 entretiens ont été réalisés par marché, avec un échantillon composé à parts égales d’hommes et de femmes. Les répondants étaient des ressortissants du pays étudié, âgés de 18 à 24 ans, et le questionnaire leur a été proposé dans leur langue locale. Aucune incitation n’a été offerte dans le cadre de cette étude.
Lorsque les chiffres concernant les jeunes Africains de 2026 sont présentés séparément, cela inclut tous les pays étudiés pour la recherche de cette année : Burkina Faso, Tchad, Congo-Brazzaville, République démocratique du Congo, Éthiopie, Ghana, Kenya, Libéria, Mozambique, Nigéria, Rwanda, Somalie, Afrique du Sud, Togo, Zambie et Zimbabwe.
Les comparaisons des évolutions entre 2020, 2022, 2024 et 2026 ne concernent que les pays ayant fait l’objet de toutes les vagues de recherche, à savoir l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Nigéria, le Rwanda et la Zambie. Les chiffres d’influence de 2020 et 2022 cités dans ce communiqué correspondent aux résultats globaux publiés pour ces éditions et sont inclus à titre de contexte historique.
Pour obtenir des informations, des commentaires des médias et pour organiser une entrevue avec Ivor Ichikowitz, de l’Enquête auprès des jeunes africains 2026, et d’autres porte-parole de l’Enquête auprès des jeunes, veuillez contacter :
Crédit: Lien source