Devenir auxiliaire de vie ne nécessite pas forcément de diplôme. Mais pour Valérie Jovinac, directrice du centre de formation Cap vers ORP à Trinité, cette formation a ses avantages :
On se dit que parce qu’on sait entretenir un logement, préparer un repas, qu’on est bienveillant, alors on peut faire le métier. Mais quand on s’occupe de personnes âgées qui ont des pathologies, ça ne se décrète pas. Accompagner une personne démente, qui a la maladie de Parkinson, qui a déjà fait une tentative de suicide, qui est en dépression, ce sont des compétences techniques qu’il faut avoir. Donc, la formation leur a permis d’améliorer et corriger leurs pratiques. On leur apprend le bon vocabulaire, les bons réflexes a avoir pour permettre aux familles de prendre conscience qu’elles sont face à des professionnels, là pour accompagner la personne âgée à mieux vivre dans son domicile en sécurité.
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Ce diplôme est un accomplissement pour ces femmes qui se sont surpassées pendant presque un an pour le décrocher.
Sous les applaudissements du public, Patricia se lève et s’avance pour récupérer son précieux sésame. Un moment que cette femme de 62 ans n’est pas prête d’oublier. Ce diplôme est le tout premier qu’elle obtient :
J’avais envie de pleurer, j’avais de la joie dans mon cœur. J’ai quitté l’école très jeune, je faisais des petits boulots comme femme de ménage, et puis j’ai travaillé avec les enfants à l’école.
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Pour décrocher ce titre, les 12 lauréates ont dû jongler pendant presque un an entre travail le matin et l’après-midi. Un rythme intense d’après la toute nouvelle diplômée, Denise Vardin :
On est sur le terrain depuis 6h30, donc on travaille jusqu’à 13h00. À partir de 13h00, on doit directement aller en formation, jusqu’à 17h00, parfois 18h00.
Denise, maman de deux enfants, a dû se replonger dans ses cahiers en même temps que sa fille de 13 ans. Elle explique :
Elle se voyait me faire réviser. C’était quand même un peu amusant des fois pour elle et des fois pas trop, puisque maman rentrait tard. Il fallait qu’elle se gère toute seule.
Pour Aude Goussard, chargée du développement de compétences à la SAPAAD, avoir le courage de se lancer dans une formation à cet âge-là est une véritable prouesse :
C’est un exploit. Une dame de 67 ans qui a fait ça, je pense que c’est un sacrifice aujourd’hui qu’elle savoure.
Selon l’INSEE, l’augmentation du nombre de personnes dépendantes va nécessiter la création de presque 1 500 équivalents temps plein en Martinique d’ici 2030.
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