Les personnes qui aiment ce type de films sont les plus gentilles selon la psychologie : elles sont rares

On imagine souvent les personnes les plus gentilles comme
naturellement patientes, calmes même quand tout le monde perd son
sang-froid. La psychologie suggère autre chose : leur secret se
cacherait aussi dans leurs écrans. Leurs playlists et leurs soirées
cinéma, en particulier certains films feel-good,
dessineraient un style émotionnel bien particulier, lié à un trait
de personnalité mesurable.

Des travaux publiés le 3 juin 2024 dans la revue scientifique
Current Psychology décrivent un lien entre le fait d’aimer des
divertissements chaleureux et une forte
agréabilité, le trait qui résume la gentillesse
dans le modèle des Big Five. Les personnes très agréables
privilégient des contenus qui les font se sentir aimantes,
solidaires, apaisées, et boudent ceux qui nourrissent la colère ou
l’hostilité. Votre liste de films préférés pourrait donc en dire
plus que vous ne le pensez.

Gentillesse et films feel-good : que dit la psychologie ?

L’agréabilité est l’un des cinq grands traits de la
personnalité décrits par le modèle des Big Five ; elle correspond à
la tendance à être coopératif, empathique et conciliant.

Les profils très agréables cherchent l’harmonie, acceptent plus
facilement les compromis et se montrent attentifs aux besoins des
autres. À l’opposé, un score bas va souvent avec une posture plus
méfiante, compétitive, parfois froide.

Ce trait reste assez stable au cours de la vie, mais il
interagit avec l’environnement, y compris les écrans. Les travaux
d’Eugene W. Mathes, psychologue à la Western Illinois University,
partent de l’ »hypothèse de régulation affective cohérente au trait »
: chacun cherche des émotions qui collent à sa personnalité. Il
résume ainsi ce principe : « Les personnes névrotiques recherchent
des états affectifs négatifs tandis que les extravertis recherchent
des états affectifs positifs ». La question était de savoir ce que
cela donne pour l’agréabilité et, en creux, pour la
gentillesse.

L’étude de Current Psychology sur la diète de
divertissement

Selon le psychologue Eugene W. Mathes, qui signe l’article de
Current Psychology (vol. 43, p. 24638–24646, DOI
10.1007/s12144-024-06177-0), deux études ont été menées auprès
d’étudiants. Les participants ont d’abord passé des échelles
d’agréabilité, puis listé leurs chansons, films et séries préférés.
Pour chaque divertissement, ils indiquaient à quel point il les
faisait se sentir plus aimants ou plus agressifs, avec des phrases
comme « Cette chanson me fait me sentir aimant. » ou « Cette chanson
me fait me sentir en colère. ». Les auteurs précisent que le
protocole a été validé par un comité d’éthique (IRB) et respecte la
Déclaration d’Helsinki.

Les résultats vont tous dans le même sens : plus les personnes
ont une agrégabilité élevée, plus leurs divertissements favoris
déclenchent des émotions douces et prosociales (amour, compassion,
confiance, solidarité). Les profils peu agréables déclarent au
contraire aimer des contenus plus violents ou très hostiles,
associés à la colère ou à l’agressivité. Les recherches sur les
films feel-good et gentillesse (agréabilité)
parlent ici d’association, pas de causalité : regarder une comédie
bienveillante ne rend pas « bon », mais reflète et renforce une
certaine hygiène émotionnelle.

Quels films feel-good choisir et
comment faire le test chez vous

Dans cette logique de « diète de divertissement », les personnes
très agréables se tournent vers des films
chaleureux
: comédies bienveillantes, histoires de
réconciliation familiale, récits d’entraide, documentaires
inspirants où les personnages finissent par coopérer. Le point
commun n’est pas le genre, mais l’effet émotionnel une fois le
générique passé : se sentir plus tendre, plus confiant envers les
autres, plutôt que tendu, cynique ou prêt à en découdre. La
psychologue clinicienne Susan Krauss Whitbourne suggère même, pour
Psychology Today, d’augmenter volontairement pendant quelques jours
la part de ces contenus et de voir ce que cela change dans l’humeur
et les interactions.

Pour observer votre propre « hygiène médiatique », un mini-test
suffit :

  • Listez 3 films, 3 séries et 3 chansons que vous pourriez revoir
    ou réécouter sans vous lasser.
  • Pour chacun, notez s’il vous rend plutôt plus doux, neutre ou
    plus irrité.
  • Regroupez le tout et regardez si votre ensemble penche vers des
    contenus apaisants ou conflictuels.

Vous pouvez prolonger l’expérience sur sept jours : augmentez la
place des comédies bienveillantes, des histoires de réconciliation
ou des documentaires inspirants, réduisez temporairement les œuvres
les plus violentes ou cyniques, puis observez si quelque chose
change dans votre manière de parler aux autres. Il ne s’agit pas
d’un diagnostic de personnalité, mais d’un miroir discret sur la
façon dont vos écrans nourrissent, ou non, votre gentillesse au
quotidien.

Sources

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