Les réformes du Soudan du Sud visent à stimuler les investissements, tandis que l’AEC soutient la relance du secteur pétrolier
Le Soudan du Sud prend des mesures pour se repositionner en tant que destination stratégique pour les investissements étrangers, en mettant à nouveau l’accent sur l’attraction de capitaux tout au long de la chaîne de valeur pétrolière. Lors d’une visite de travail à Juba, la Chambre africaine de l’énergie (AEC) – qui se fait le porte-parole du secteur énergétique africain – s’est entretenue avec des responsables gouvernementaux et des acteurs du secteur afin d’identifier les réformes prioritaires destinées à stimuler de nouveaux flux de capitaux, à accroître la production et à faire avancer des projets tant en amont qu’en aval.
Cette visite reflète une prise de conscience commune : bien que le Soudan du Sud reste l’une des frontières pétrolières les plus riches en ressources du continent, le manque d’investissements a empêché le pays d’exploiter pleinement le potentiel de ses réserves d’hydrocarbures. Le gouvernement cherche à relever ce défi en mettant en œuvre de nouvelles réformes visant à renforcer le climat d’investissement, à garantir des cadres réglementaires plus clairs et à encourager une plus grande participation des opérateurs tant internationaux que régionaux.
Avec des réserves prouvées de pétrole de 3,5 milliards de barils, le Soudan du Sud est à la fois un producteur de pétrole de longue date et, actuellement, le seul grand producteur de pétrole d’Afrique de l’Est. La production est principalement assurée par la compagnie pétrolière nationale Nilepet, aux côtés de Dar Petroleum Operating Company, de Greater Nile Petroleum Company – exploitée par la China National Petroleum Company – et de Sudd Petroleum Operating Company. Le Fonds stratégique pour les carburants d’Afrique du Sud détient également une participation de 90 % dans la concession du bloc B2 et prévoit de poursuivre l’exploration tout en évaluant les opportunités de développement du raffinage.
La production actuelle oscille entre 70 000 barils par jour (bpj) et 100 000 bpj, avec une production estimée entre 8,5 millions et 12,2 millions de barils entre août et novembre 2026. Le gouvernement cherche à augmenter ces chiffres en attirant des investissements sur l’ensemble de la chaîne de valeur pétrolière, en facilitant l’augmentation des exportations tout en s’attaquant à des défis nationaux majeurs tels que la sécurité d’approvisionnement en carburant et la production d’électricité. Le pétrole représente le pilier de l’économie du Soudan du Sud, et le gouvernement cherche à consolider cette position en mettant en place des réformes visant à atténuer la crise énergétique du pays.
Pour y parvenir, le gouvernement s’est engagé à réduire les obstacles à l’investissement, à améliorer l’exécution des projets et à créer un environnement plus prévisible pour les entreprises du secteur de l’énergie. Les discussions ont également porté sur les opportunités dans les domaines du gaz naturel, de la production d’électricité et des infrastructures associées, en reconnaissant que la diversification des investissements énergétiques sera essentielle pour soutenir le développement économique à long terme. L’AEC a réaffirmé son engagement à promouvoir le Soudan du Sud sur la scène internationale, en faisant connaître la dynamique énergétique du pays à un public mondial.
Au-delà de la production de pétrole et de gaz, le renforcement du contenu local a constitué un axe majeur de cette visite de travail. Les parties ont discuté de stratégies visant à accroître les opportunités d’emploi pour les travailleurs sud-soudanais, tout en développant des chaînes de valeur locales et en veillant à ce que les futurs projets génèrent des retombées économiques plus larges, au-delà des revenus de production. En renforçant la visibilité internationale, la Chambre vise à positionner le Soudan du Sud aux côtés d’autres marchés énergétiques africains émergents en concurrence pour attirer les capitaux destinés à l’exploration et aux infrastructures.
« Le Soudan du Sud possède le potentiel en ressources nécessaires pour devenir l’une des destinations d’investissement pionnières les plus attractives d’Afrique, mais attirer des capitaux nécessite un engagement soutenu auprès de la communauté internationale des investisseurs. La Chambre mettra en avant les opportunités offertes par le Soudan du Sud sur la scène internationale, en mettant en relation les investisseurs avec les dirigeants gouvernementaux et les chefs de file du secteur, tout en soutenant les réformes visant à créer un secteur énergétique stable, compétitif et propice aux investissements, capable d’assurer une croissance à long terme », a déclaré NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC.
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