Au lendemain de sa prestation de serment, le président du Bénin, Romuald Wadagni, a choisi la capitaine Elvire Toupé comme aide de camp. Cette désignation a eu lieu à l’issue de la première réunion du Conseil des ministres, qui s’est déroulée le 28 mai dernier.
Officier de la Garde républicaine jusqu’à sa nomination, devient la première femme béninoise à assumer cette fonction, depuis l’indépendance du Bénin, le 1ᵉʳ août 1960.
Régis Hounkpè, enseignant et analyste en géopolitique, gouvernance politique, et directeur d’InterGlobe Conseils, se félicite de cette nomination.
« Parce que c’était des femmes. Évidemment, ça reste des modèles. Les jeunes filles béninoises s’en inspirent beaucoup et dans l’imaginaire et dans la réalité du Bénin, les Amazones ont été restaurées dans un rôle essentiel, à la fois dans la communauté, dans les cercles de décision, dans la sphère publique. On parle beaucoup des Amazones » se réjouit Régis Hounkpè, enseignant et analyste en géopolitique, gouvernance politique, et directeur d’InterGlobe Conseils.
Souvenir des Agodjié
Quant à la journaliste Wuldath Moussa Mama, elle souligne que la nomination d’Elvire Toupé rappelle les Agodjié, cet ancien régiment militaire du Dahomey que les colonisateurs européens ont baptisé Amazones, en référence aux guerrières de la mythologie grecque.
« C’est un rappel historique du rôle militaire des femmes aux côtés des souverains du Dahomey. Effectivement, les fameuses Amazones, qui étaient un corps d’élite au sein des forces armées du Dahomey. La question est entière : est-ce qu’il s’agit de l’exception qui confirme la règle ou est-ce finalement un élan que le président souhaite donner, peut-être pour encourager les femmes, les porter vers l’avant ? Peut-être que c’est une porte ici qui s’ouvre, qui va bien les encourager à prendre davantage de terrain » explique la journaliste.
Selon Régis Hounkpè, les Amazones du Dahomey incarneraient le courage, l’audace et la ténacité face aux difficultés : « Parce que c’étaient des femmes, explique-t-il. Évidemment, ça reste des modèles. Les jeunes filles béninoises s’en inspirent beaucoup et dans l’imaginaire et dans la réalité du Bénin, les Amazones ont été restaurées dans un rôle essentiel, à la fois dans la communauté, dans les cercles de décision, dans la sphère publique. On parle beaucoup des Amazones. »
Représentation insuffisantes des femmes dans les fonctions politiques
Six femmes font partie du premier gouvernement de Romuald Wadagni : Affaires étrangères, Enseignement supérieur, Famille et Action sociale, Commerce intérieur, Emploi et formation professionnelle, Communication et médias
Le dernier gouvernement de Patrice Talon en comptait cinq sur 23 membres. Wuldath Moussa Mama espère donc voir une plus grande participation des femmes béninoises dans la gestion des affaires publiques de leur pays.
Elle estime qu »il est ensuite difficile d’aborder la question de l’inclusivité de genre, l’inclusivité des femmes sur la scène politique nationale béninoise sans évoquer la vice-présidence qui est occupée depuis 2021 par une femme. Certes, c’est un symbole, mais peut-être n’est ce qu’un symbole ? Parce que, eh bien, la vice-présidente n’a finalement qu’un rôle protocolaire, ici, dans les institutions que lui confère la Constitution béninoise ».
La dixième législature du Bénin, mise en place en février 2026, comprend 28 femmes députées, toutes de la majorité présidentielle, sur un effectif global de 109 sièges. Cela équivaut à 25,7 % du total de l’hémicycle. C’est également le même chiffre que lors de la précédente législature.
Grâce au code électoral qui attribue obligatoirement un siège par circonscription électorale aux femmes, 24 d’entre elles ont été élues et quatre autres ont réussi à obtenir une place en dehors de ce quota.
D’après Wuldath Moussa Mama, « c’est un tableau qui pèche encore et qui renvoie au travail au sein des partis politiques, à la fois dans les formations au militantisme et également dans la place faite aux femmes ».
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