Il est l’un des humoristes les plus drôles, les plus subtils et les plus attachants du moment. Franjo, de son vrai nom François Reno, vient de Melun, pas exactement la ville la plus glamour qui soit, mais qu’il aime citer dans ses hilarants sketches. Il sera le 25 avril au Casino Barrière — courez-y : ce type est vraiment très, très drôle.
Franjo aime épingler l’air du temps, sans grossièretés — un travers navrant du stand-up actuel — ni caricatures convenues (« ça vous est déjà arrivé… », ce genre). Sa force ? L’interaction avec le public, qu’il maîtrise avec un talent fou : sens de la formule qui tue, répartie de dingue, rebonds fulgurants. Rencontre avant un spectacle forcément très attendu au Casino Barrière.
Vos interactions avec le public sont hilarantes – comment les travaillez-vous ?
C’est compris dans la formule : il y a mes thèmes d’actu et de l’impro. Je laisse de la place à l’imprévu, aux réactions du public. Je repère assez vite ceux qui ont envie de participer – ils peuvent être parfois assez cabotins, ceux-là, je les évite, ils en font trop ! Je préfère les authentiques, qui veulent échanger avec sincérité – là se créent les échanges les plus intéressants.
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Il y a sur YouTube des échanges assez savoureux, à Toulouse notamment…
Toulouse, c’est un terreau assez fertile pour l’impro, c’est vrai ! Le public est jeune et chaud ! C’est là qu’on trouve les meilleurs spécimens !
Comment choisissez-vous vos sujets ?
Je m’intéresse beaucoup à l’actualité, je regarde les sujets qui m’ont plu et je vois si j’ai envie de les traiter. J’essaie de faire plus de blagues intemporelles, mais le public me demande souvent de commenter l’actualité – il faut arrêter ça ! Après, cela dépend, je ne travaille pas tous les jours non plus, en quête de vannes…
Y a-t-il des sujets que vous vous interdisez ?
Il n’y a pas de domaines interdits – en revanche, il est des sujets que l’on peut mal traiter. Tout est dans la manière d’aborder les idées. Par ailleurs, je n’ai pas envie de faire mal ou de choquer le plus grand nombre possible de personnes. La bien-pensance ne m’intéresse pas, pas plus que le désir de vexer des gens. Faire rire des gens en en blessant d’autres, non.
Et vous, qu’est-ce qui vous fait rire ?
Les vieux sketches de Dieudonné, Patrick Diwen, Haroun, Artus… Ah, vous vouliez dire ce qui me fait rire, pas ceux qui me font rire ? Eh bien, la bêtise des gens m’amuse beaucoup. J’aime montrer des situations absurdes et voir jusqu’où on peut aller. L’absurdité des choses, ça me touche.
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Quand avez-vous compris que vous aviez le pouvoir de faire rire les gens ?
Par hasard. Il y avait un stage d’impro organisé par mon IUP [institut universitaire professionnalisé, NDLR] et ça s’est super bien passé. Je me suis dit que monter sur une scène et voir 200 personnes rire à mes conneries, c’était un bon plan. Je n’ai rien lâché, j’ai fait toutes les scènes ouvertes que je pouvais. Faire rire sans prétendre à autre chose, cela me va très bien. C’est une fonction première, rire, non ?
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