L’hymne martiniquais relancé : une nouvelle consultation citoyenne en préparation

Pour le président du Conseil exécutif, Serge Letchimy, cette démarche représente avant tout « un acte de dignité ». Une manière d’affirmer qu’il ne s’agit pas d’une rupture avec la France, mais bien de la reconnaissance d’une culture martiniquaise à part entière, appelée à être pleinement inscrite dans le développement du territoire.

Un hymne pour rassembler

L’œuvre « Ansanm », écrite et composée par Céline Fleriag, semblait pourtant répondre aux attentes formulées lors de la précédente procédure. Le texte prônait l’unité, la fraternité et le rassemblement du peuple martiniquais face aux divisions et aux menaces pesant sur son territoire.

Des paroles aux accents proches des hymnes nationaux classiques, qui avaient séduit une partie des élus et de la population. Mais juridiquement, cette œuvre pourrait ne pas être représentée dans le cadre du prochain processus, celui-ci reposant sur une toute nouvelle procédure administrative.

Quels critères pour le futur hymne ?

Une commission ad hoc doit prochainement être mise en place. Sa mission : définir les contours administratifs, culturels et juridiques de ce futur hymne martiniquais.

C’est à l’issue de ces travaux que seront dévoilés les critères précis auxquels devront répondre les œuvres candidates. Une vigilance particulière entoure désormais le dossier, après deux recours devant le tribunal administratif ayant conduit à l’annulation de la précédente procédure.

La Collectivité souhaite cette fois sécuriser chaque étape afin d’éviter toute nouvelle contestation.

Un vote unanime des élus

À la veille de la commémoration de l’abolition de l’esclavage en Martinique, l’ensemble des conseillers présents en plénière a voté « pour » cette relance du projet.

Pour les élus favorables à cette initiative, l’hymne, au même titre que le drapeau, constitue un symbole fort de reconnaissance identitaire. Selon eux, il participe à la valorisation d’un patrimoine, d’une histoire et d’une culture propres au peuple martiniquais.

Les élus du groupe Péyi-A ont notamment défendu leur position en mettant en avant la nécessité de préserver et transmettre l’identité culturelle martiniquaise :

« Nous avons voté « pour » car l’un des combats politiques que nous menons est celui de la reconnaissance identitaire. Cela passe par la préservation de notre culture et de notre patrimoine. Nous n’optons pas forcément pour une nouvelle création musicale. Dans la discographie martiniquaise, il existe déjà des œuvres riches et fortes qui pourraient devenir notre hymne. Les chansons d’Eugène Mona ou du groupe Tanbou Bo Kannal possèdent par exemple une véritable valeur patrimoniale. »

Jean-Philippe Nilor, co-president Péyi a

Une consultation citoyenne encore en préparation

Le processus n’en est encore qu’à ses débuts, mais l’exécutif territorial assure vouloir avancer rapidement sur ce dossier sensible et hautement culturel.

Pour éviter tout faux pas, les équipes en charge du projet travaillent déjà avec l’appui d’un avocat afin d’encadrer juridiquement la future procédure.

À ce stade, aucune date n’a encore été communiquée concernant la mise en ligne de la consultation citoyenne, qui permettra à la population martiniquaise de donner son avis sur le choix de l’œuvre appelée à représenter le territoire.

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