Lina Boudreau: le Ciel rouge d’une artiste assoiffée de créativité

Avez-vous déjà songé à l’idée que le ciel reflétait à peu près les mêmes teintes partout sur la planète? Pourtant, symboliquement, certaines couleurs, même si elles sont identiques, ne le sont pas réellement. Prenez le ciel rouge, par exemple. Chez nous en Acadie, il constitue très souvent le magnifique point d’orgue d’une belle journée d’été ensoleillée. Ailleurs par contre, il semble plutôt vouloir revêtir la couleur écarlate du sang, lorsque les cieux délivrent la mort et la terreurs par leurs horribles messagères les bombes.

Ciel rouge, le nouvel album – son sixième – que lancera Lina Boudreau la semaine prochaine, oscille un peu entre ces deux univers. Quelques titres plus engagés se mêlent en effet à la brise du vent marin que ne connaît que trop bien la chanteuse native de Memramcook. Les onze pistes de l’album sont résolument acadiennes, tout en demeurant ouvertes sur le monde.

«En fait, c’est drôle parce que j’ai travaillé avec un réalisateur français [Olivier Gadet]. Donc au niveau du son, ça aurait pu sonner plus européen ou plus international. Mais lui me disait ‘‘tu sais, avec tout ce qu’on traverse tout de suite  [en termes de guerres ou de politiques radicales], puis avec l’invasion de l’IA et tout, c’est important d’être authentique’’. Donc, on a pris cette voie-là parce que les gens méritaient d’entendre un son vrai, qui n’est pas fait par l’IA», souligne Lina Boudreau au cours d’un entretien téléphonique avec l’Acadie Nouvelle à quelques jours du premier de ses trois lancements.

Il y a donc de vrais instruments dans Ciel rouge, mais aussi la rumeur d’un ancrage lui aussi bien réel dans cette terre qui l’a vue naître.

«Mon réalisateur est venu en Acadie, puis il m’a découverte à travers mes racines. Évidemment, j’ai approuvé cette trajectoire qu’il souhaitait donner à l’album, mais c’était aussi important pour lui que l’ensemble de la musique soit bien ancrée dans mes racines. Nous nous sommes donc entendus pour lui donner cette couleur-là.»

Un album dont elle reconnaît une touche un peu plus personnelle.

«C’est vrai que c’est peut-être un portrait plus personnel. J’ai écrit beaucoup de chansons avec Pascal Mailloux (qui signe ou co-signe sept des onze musiques de l’album) ces dernières années et c’est devenu un véritable projet de création. D’ailleurs, on dirait que j’ai tendance à en faire davantage de ce genre de projets-là. J’ai fait beaucoup d’interprétations au cours de ma carrière. Donc cet album est encore personnel justement parce qu’il y a eu beaucoup de travail de création.»

En plus de neuf chansons originales Ciel rouge comprend deux reprises: Le monde a bien changé de 1755, et sa désormais chanson-fétiche ou porte-bonheur, Plus jamais la mer, dont le texte original anglais de Robert Thomas a été adapté en français par Calixte Duguay dans les années 1970 et que Lina a par la suite endisquée dans son premier album, en 1994.

«J’ai trouvé que ça a été la plus difficile pour moi pendant l’enregistrement, nous révèle Lina Boudreau. Peut-être parce que, justement, il fallait que je la revisite. J’avais tendance à aller dans le passé. Au début du projet, je n’étais pas certaine de l’ajouter à l’album. Et c’est là qu’un bon réalisateur prend toute son importance lorsque c’est le temps de nous amener ailleurs avec une chanson et Olivier [Gadet] a bien joué son rôle à cet effet. Finalement, on l’a enregistrée», atteste celle qui se considère chanceuse d’avoir reçu un tel trésor qui a propulsé sa carrière qui s’étend maintenant sur plus de trois décennies.

La petite touche magique de la violoniste Valérie Pichon a également contribué à donner une nouvelle touche à la chanson.

«Je trouve que la chanson a eu plus de puissance à la fin avec les nouveaux arrangements et la contribution de Valérie», s’émerveille-t-elle.

Nous lui avons également posé la question qui tue et non, elle n’est pas «tannée» de la chanter ni sur scène, ni sur disque, assure-t-elle d’un ton convaincu.

«C’est un classique alors non, je ne suis pas tannée de la chanter. Parce qu’à chaque fois, on la fait avec différents arrangements mes musiciens et moi. Elle a quand même une puissance. Quand je la chante, elle m’inspire tout le temps.»

 

Trois lancements au Nouveau-Brunswick

Lina Boudreau procédera à trois lancements-spectacles au Nouveau-Brunswick de son album Ciel rouge.

Premier rendez-vous lundi, au Grain de folie de Caraquet dans le cadre d’un 5 à 7 (prestation à 17h30); le lendemain, à 19h, au Brix Experience de Moncton; et mercredi dans le village natal de la chanteuse, où Lina Boudreau donne rendez-vous à son public également à compter de 19h.

L’entrée pour chaque lancement est libre avec une contribution volontaire à la porte. Il y aura un bar payant sur place.

Ciel rouge paraîtra sur les plateformes numériques le 24 mai prochain, produit par la maison de disques Musicalina, distribué par Tune Core.

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