L’UNESCO délivre une protection d’urgence à des sites patrimoniaux exceptionnels
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| Au Soudan du Sud, le paysage migratoire comprenant les parcs de Boma et de Badingilo figure sur la liste du patrimoine mondial en péril de l’UNESCO. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Parmi les candidatures présentées, trois l’ont été en procédure d’urgence au Soudan du Sud, en Cisjordanie occupée ainsi qu’au Liban.
Pas moins de 33 candidatures ont été soumises par les États parties à l’UNESCO. L’organisme onusien se réunit à Busan en République de Corée, à partir de ce dimanche 19 juillet et jusqu’au mercredi 29 juillet, afin de désigner les sites qui figureront sur deux listes : celle du patrimoine mondial et celle du patrimoine mondial en péril.
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| Des Cobes de Buffon à oreilles blanches au Soudan du Sud, effectuent leur migration (2025). |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Parmi ces lieux d’exception, trois bénéficient d’une procédure d’urgence au Soudan du Sud, en Cisjordanie occupée et au Liban, car ils sont « confronté[e]s à une situation d’urgence pour laquelle une décision immédiate du Comité est nécessaire pour assurer leur sauvegarde ».
Au Soudan du Sud, le Paysage migratoire de Boma-Badingilo
Ce territoire s’étend sur 11,25 millions d’hectares. Il est composé des parcs nationaux de Boma et de Badingilo, ainsi que de plaines d’inondation, de savanes et de forêts.
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| Des cobes à oreilles blanches au Soudan du Sud. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Il abrite un spectacle naturel à couper le souffle, à savoir l’une des dernières grandes migrations de faune sauvage au monde.
Chaque année, ils sont près de 5 millions de cobes et 400.000 tiangs, deux types d’antilopes africaines, à se lancer dans un périple migratoire difficile pour atteindre des habitats vitaux pendant les saisons sèches et humides, rappelle la Convention sur les espèces migratoires (CMS).
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| Le fleuve Nil traverse le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, l’Ouganda, l’Éthiopie, le Soudan du Sud, le Soudan et l’Égypte. Ici, au Soudan du Sud et le Paysage migratoire de Boma-Badingilo, Soudan du Sud. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
D’autres ongulés, des espèces dotées de sabots, entreprennent le même périple. Il s’agit de l’un des plus vastes espaces terrestres de migration de mammifères au monde, « si ce n’est le plus vaste« , décrit l’UNESCO.
C’est aussi l’un des derniers exemples de « système de migration terrestre de grande envergure à l’échelle d’un paysage », justifie l’organisme onusien.
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| Un village de la communauté Kassangor, dans les parcs Boma et Badingilo, au Soudan du Sud. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Des espèces de grands mammifères, tels que des éléphants de savane d’Afrique, des girafes, des lycaons, des lions, des léopards, des guépards d’Afrique du Nord-Est, mais aussi des oiseaux d’eau et des rapaces s’épanouissent dans les plaines d’inondation du territoire, « relativement intact ».
Une plaine inondable est une zone de terre proche des rivières ou des cours d’eau, et qui peut subir des inondations.
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| Communauté Kassangor, dans les parcs Boma et Badingilo. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Ce territoire et cette faune exceptionnels sont aujourd’hui menacés par « le braconnage à des fins commerciales, le trafic d’espèces sauvages, le développement d’infrastructures » humaines mais aussi l’insécurité et des activités extractives, rapporte l’UNESCO.
La « participation réelle » des peuples autochtones et des populations locales à la co-gouvernance du site sera essentielle, est-il précisé dans le document onusien.
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| Des agriculteurs palestiniens passent devant le théâtre romain du village de Sebastia, près de la ville de Naplouse, en Cisjordanie occupée. L’ancienne ville de Sebastia est l’un des plus grands sites archéologiques de la Terre Sainte, ses couches superposées d’histoire remontent à 3.000 ans. |
| Photo d’archives : AFP/VNA/CVN |
Pour les zones hors des deux parcs nationaux, la clarification des modes de gouvernance est également recommandée par l’UNESCO.
En Cisjordanie occupée, Sebastia
Le tell de Sebastia, une colline artificielle formée par des ruines, se situe au nord-ouest de Naplouse, au nord du territoire occupé par Israël. Il renferme différents vestiges archéologiques ayant appartenu à différentes civilisations, à partir du IXe siècle avant notre ère, explique l’UNESCO.
À l’âge de Fer (800 av. J.-C. à la fin du Ier siècle de notre ère), il représente un centre politique régional. Pendant la période hellénistique (323 av. J.-C. à la bataille d’Actium en 31 av. J.-C.), la ville qu’abrite le site est fortifiée.
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| Un jeune Palestinien est assis près de la basilique romaine et du forum du village de Sebastia situé près de la ville de Naplouse, en Cisjordanie occupée. |
| Photo d’archives : AFP/VNA/CVN |
Il devient colonie romaine sous Septime Sévère (193-211 apr. J.-C.), le siège d’un évêché pendant la période byzantine (533-698 apr. J.-C.) et au Moyen Âge (476-1492). Il dispose d’un « potentiel exceptionnel pour de futures recherches scientifiques« , estime l’UNESCO.
Le tell de Sebastia est dégradé, en raison « des effets combinés des intempéries, de l’érosion, de la croissance de la végétation et de l’exposition prolongée des vestiges mis au jour », détaille l’UNESCO. Son intégrité est menacée par un projet israélien d’expropriation.
Celui-ci vise à diviser le site archéologique afin de créer le Parc national « Samarie » (Shomron), explique l’organisme onusien.
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| La forteresse de Chamaa, au Liban. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Le conflit israélo-palestinien place également le tell en danger direct. Il est considéré comme « hautement vulnérable » par l’UNESCO. La Cisjordanie est un territoire palestinien occupé depuis 1967. Il se trouve fragmenté par des colonies israéliennes illégales du point de vue du droit international.
Israël a quitté l’UNESCO en 2017. Le pays reste toutefois membre du Comité du patrimoine mondial. Il est également signataire de la Convention de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflits armés et de la Convention du patrimoine mondial, rappelle l’Agence France-Presse.
Au Liban, les châteaux du Mont Amel
Ils sont cinq châteaux à s’ériger sur le Mont Amel, dans le sud du Liban. La forteresse de Beaufort, construite par le roi de Jérusalem vers 1137 apr. J.-C., a été « agrandie et transformée successivement par les Ayyoubides, les Mamelouks, puis les gouverneurs féodaux locaux de la famille Al Saabi », détaille le Liban dans le dossier de soumission de ses biens au patrimoine mondial de l’UNESCO.
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| Vue du château de Toron, au Liban. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Le château de Toron, le château de Dubieh, le château de Maron et la citadelle de Chamaa étaient à l’origine des postes militaires pour les Croisés.
Ces chevaliers chrétiens occidentaux, de la fin du XIe siècle au milieu du XIVe siècle, ont mené des croisades, des expéditions militaires et religieuses, vers Jérusalem, la Syrie et la Palestine.
Les forteresses finissent, elles aussi, par être reprises par les dynasties et sultanats des Ayyoubides, des Mamelouks puis par des « gouverneurs féodaux locaux ».
Certains sont quasiment en ruines, mais ils « demeurent des exemples exceptionnels de fortifications médiévale » au Proche-Orient, estime le Liban. Le sud du Liban est actuellement bombardé par Israël depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, démarrée le 28 février 2026.
La forteresse de Beaufort a été « conquise » par l’armée israélienne fin mai, rappelle l’Agence France-Presse.
« Les châteaux ont subi des dommages et les menaces auxquelles ces châteaux sont actuellement confrontés en raison du conflit armé en cours sont suffisamment graves pour justifier le recours à une procédure d’urgence », estime l’UNESCO. Ils font, pour le moment, l’objet d’une proposition d’inscription d’urgence sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
AFP/VNA/CVN
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