Amarana Malga
05 Août 2026•Mise à jour: 05 Août 2026
Au total, 648 ex-combattants issus du processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion-Intégration (DDR-I) ont achevé leur formation militaire dans les régions de Mopti et de Tombouctou, dans le cadre de leur incorporation au sein des Forces armées maliennes (FAMa), a-t-on appris.
À Soufouroulaye, dans la région de Mopti, 254 ex-combattants ont officiellement achevé, mardi 4 août, leur formation au Centre d’Instruction Mixte et intégré les FAMa avec le grade de soldat de deuxième classe.
Cette promotion est composée notamment de 87 anciens membres de Dan Na Ambassagou, de 30 chasseurs traditionnels dozos et de 137 ex-combattants issus de mouvements peuls.
Les recrues sont principalement originaires des régions de Ségou, Mopti et Bandiagara. Le soldat Moussa Traoré s’est distingué comme major de la promotion. Lors de la cérémonie, le directeur du centre, le lieutenant-colonel Yacouba Keïta, a exhorté les nouveaux soldats à faire preuve de discipline, de courage et de loyauté envers la Nation.
À Tombouctou, 394 autres ex-combattants engagés dans le processus DDR-I ont également achevé trois mois de formation militaire au Centre de formation et de mise en condition opérationnelle. Ils sont appelés à rejoindre les rangs des FAMa afin de contribuer au renforcement du dispositif sécuritaire.
Les autorités présentent ces incorporations comme une étape du processus de consolidation de la paix et de renforcement de la cohésion sociale, notamment dans les zones du centre et du nord du pays longtemps affectées par les conflits armés et les violences communautaires.
La promotion formée à Tombouctou se distingue toutefois par l’absence de personnel féminin.
Avec les 254 recrues de Soufouroulaye, cette nouvelle vague porte à 648 le nombre d’ex-combattants ayant achevé leur formation dans ces deux régions au titre de cette phase du DDR-I.
Le programme prévoit à terme l’intégration de 2.000 ex-combattants dans les forces de défense, soit 1.352 recrues supplémentaires après cette première vague de 648, ainsi que la réinsertion socio-économique de 1.000 autres bénéficiaires, notamment d’anciens membres du Mécanisme opérationnel de coordination devenus inaptes au service militaire.
Lancé officiellement le 11 février 2025 dans le prolongement des recommandations du Dialogue inter-Maliens, le DDR-I est piloté par les institutions maliennes. Sa mise en œuvre repose notamment sur la Commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion et la Commission nationale d’intégration.
L’intégration d’anciens membres de groupes armés et de différents groupes d’autodéfense au sein d’une même dynamique de formation militaire intervient dans un contexte marqué par la persistance des violences dans plusieurs régions du Mali.
Des organisations de défense des droits humains ont par ailleurs appelé à un contrôle rigoureux des antécédents des candidats à l’intégration, certains groupes armés impliqués dans le conflit ayant été accusés de graves violations des droits humains.
Les autorités n’ont pas communiqué de manière détaillée les résultats des vérifications effectuées sur les recrues, ni précisé les futures affectations de l’ensemble des nouveaux soldats.
Ces deux cérémonies constituent néanmoins une nouvelle étape dans la mise en œuvre du DDR-I, dont les autorités maliennes font un instrument de désarmement, d’intégration des ex-combattants et de consolidation de la paix.
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