Mali: la carte des attaques des djihadistes du JNIM et des rebelles du FLA depuis un an | TV5MONDE

Les rebelles séparatistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, allié à Al-Qaïda) ont porté un rude coup à la junte en lançant, ce samedi 25 avril, des assauts coordonnés meurtriers jusqu’aux abords de la capitale, Bamako. L’ONG Armed conflict location & event data (Acled) a recensé les attaques des deux factions durant les 12 derniers mois et fourni ses données à TV5MONDE.

Le Mali est dans une situation très instable depuis les attaques menées par des djihadistes du JNIM, la branche sahélienne d’Al-Qaïda, et des rebelles majoritairement touareg contre des positions stratégiques du pouvoir. Ces 25 et 26 avril, six villes de ce pays d’Afrique de l’Ouest ont été la cible de cette offensive qui a fait au moins 23 morts, selon une source hospitalière citée par l’AFP, dont le ministre de la Défense, Sadio Camara. 

Les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont annoncé mercredi leur intention de conquérir les grandes villes du Nord du Mali et prédisent que le pouvoir militaire « va tomber« . La veille, le président de la République Assimi Goïta avait assuré que la situation sécuritaire dans le pays était « maîtrisée« .

Ces attaques coordonnées sont la concrétisation d’une alliance entre djihadistes et rebelles, scellée il y a un an. Leurs intérêts sont divergents mais ils disent s’être unis face un ennemi commun: le régime militaire au pouvoir depuis 2020 et les paramilitaires russes qui leurs servent de supplétifs. Le gouvernement de transition malien s’est rapproché de la Russie, ces dernières années, et a chassé l’armée française en 2022. 

Les assauts contre la capitale malienne sont rares mais connaissent une hausse ces derniers mois. Lors de l’offensive conjointe de ces 25 et 26 avril, le JNIM a revendiqué sur son site web les attaques perpétrées contre l’aéroport international de Bamako. Un journaliste de l’agence de presse américaine Associated Press (AP) a entendu des tirs d’armes lourdes et de fusils automatiques provenant de l’aéroport international Modibo Keïta, situé à environ 15 kilomètres du centre-ville, et a aperçu un hélicoptère survolant les quartiers voisins. 

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L’aéroport est adjacent à une base aérienne utilisée par l’armée de l’air malienne. Cette dernière a déclaré dans un communiqué que « des groupes terroristes armés non identifiés avaient pris pour cible certains lieux et casernes » à Bamako et que les soldats étaient « en train de neutraliser les assaillants« . Elle a certifié dans un communiqué ultérieur que la situation était sous contrôle mais les djihadistes ont eux annoncé avoir imposé un blocus autour de la capitale.

Kati avait déjà été prise pour cible ces derniers mois. Mais l’attaque de ce week-end est d’une ampleur sans précédent. Cette banlieue de Bamako abrite la demeure du général Assimi Goïta ainsi que celle du ministre malien de la Défense, le général Sadio Camara.

 

Le ministre de la Défense a été tué, ce samedi, dans cette ville-garnison située à une quinzaine de kilomètres de Bamako et fief du gouvernement, par un « véhicule piégé conduit par un kamikaze » ayant ciblé sa résidence, selon le gouvernement malien. La ville reste contrôlée par l’armée selon le pouvoir militaire.

La ville de Kidal, située dans le nord du Mali, a elle aussi été le théâtre d’affrontements entre l’armée malienne et  le FLA. En 2023, les paramilitaires russes de Wagner avaient offert à l’armée malienne des victoires dans le nord, avec la reprise des bastions clés de Kidal, Ber et Anéfis aux djihadistes et aux indépendantistes. Ces succès n’avaient pourtant pas suffi à améliorer la sécurité de cette région qui est restée une zone de tension permanente.

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Le FLA, composé principalement de communautés touareg et arabes, revendique l’indépendance du territoire de l’Azawad dans le nord du Mali. L’Azawad, tel que revendiqué par le FLA, correspond aux régions administratives de Kidal, Gao, Ménaka et Tombouctou. Le FLA contrôle désormais Kidal après des combats dans cette ville, menés au cours de l’attaque de ces 25 et 26 avril. 

L’armée malienne a mené, ce mercredi, des frappes aériennes sur Kidal, a appris l’AFP de source sécuritaire et auprès des indépendantistes. « Nous avons mené quelques frappes visant le camp militaire (de Kidal) et des combattants qui se trouvaient au niveau du gouvernorat (de la ville). Nous ne comptons laisser aucun répit à ces ennemis« , a affirmé mercredi à l’AFP une source sécuritaire.

Des vidéos, qui circule sur les réseaux sociaux, montrent des combattants en train de s’amuser dans la résidence du gouverneur de Kidal. L’un d’eux s’est même revêtu de la tenue du gouverneur de la ville qui a fui les lieux.

Gao a été le théâtre de violents combats, samedi et dimanche, entre l’armée et les groupes armés. Les rebelles n’ont toutefois pas conquis la ville. 

La région de Mopti, dans le centre du pays, est l’une des plus instables du pays. Elle est la cible d’attaques fréquentes contre l’armée et les civils. Ce samedi, les djihadistes du JNIM disaient avoir pris  « le contrôle total de la ville de Mopti ».

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Mais comme les autres villes, à l’exception de Kidal, celle-ci reste sous le contrôle du pouvoir central. Cet automne, la ville avait déjà été la cible d’un blocus du carburant imposé par les djihadistes du JNIM.

Une attaque a aussi été enregistrée à Sévaré, ville proche de Mopti, ce week-end. Dans un communiqué, le JNIM indiquait alors « contrôler la plupart des bastions de l’armée et des mercenaires à Sévaré ». L’armée a dit avoir tué près d’une douzaine de combattants dans de frappes ce week-end sur Sévaré. 

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Le camp stratégique de Tessalit, situé dans le nord du Mali, est désormais sous contrôle des groupes armés, ont indiqué le vendredi 1er mai à l’AFP des sources locale, sécuritaire et indépendantiste. L’armée malienne et ses alliés russes « ont abandonné leurs positions de Tessalit ce vendredi matin« , a indiqué à l’AFP un élu local. Selon une source sécuritaire à l’AFP, ces derniers avaient déjà « évacué » le camp avant l’arrivée des groupes armés. « Aucun combat n’a eu lieu« , a-t-il affirmé. Ils ont fait « reddition » à Tessalit, selon un responsable du groupe rebelle.

Situé près de la frontière avec l’Algérie (nord), Tessalit représente un camp stratégique de par sa position géographique, en plus de compter une grande piste d’atterrissage en bon état capable d’accueillir des hélicoptères et d’autres gros avions militaires. Le camp accueillait également un nombre significatif de militaires maliens et de leurs alliés russes ainsi que du matériel militaire. 

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