Marabouts, magie noire et milliards : Le double visage du foot sénégalais

Selon les révélations explosives du journaliste d’investigation Romain Molina, la sélection sénégalaise ne se serait pas contentée d’un « petit coup de pouce » spirituel lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations au Maroc. Non. Pas moins de 17 marabouts auraient fait le voyage. Et le plus choquant ? Leur présence aurait été financée par les deniers de l’État sénégalais. Autrement dit, par les impôts de chaque Sénégalais.

Il y a vingt ans, la sélection de football du Sénégal faisait vibrer le monde avec leur parcours de rêve au Mondial coréen. Une rumeur persistante les accompagnait : celle d’une aide venue d’ailleurs, de l’invisible, de marabouts protecteurs. Aujourd’hui, ce qui n’était qu’une légende folklorique est devenu un scandale d’État. Récit d’une fascination qui a viré au cauchemar financier.

Sur les terrains en terre battue des quartiers populaires, on se souvient encore de l’été 2002. Ce 31 mai, contre toute attente, le Sénégal terrassait la France championne du monde. Un séisme planétaire. Mais dans les travées des stades coréens, une autre histoire courait, plus mystérieuse : les joueurs étaient-ils guidés par des forces occultes ?

À l’époque, les médias en riaient doucement. « Les Africains et leurs fétiches », glissait-on avec un sourire paternaliste. Les joueurs, eux, ne confirmaient ni n’infirmaient. Certains parlaient de traditions, d’autres de protection psychologique. La rumeur faisait vendre du papier et ajoutait une couche de romantisme à l’épopée sénégalaise.

Vingt ans plus tard, le sourire s’est figé.

Le voile s’est déchiré sur une réalité bien moins poétique. Selon les révélations explosives du journaliste d’investigation Romain Molina, la sélection sénégalaise ne se serait pas contentée d’un « petit coup de pouce » spirituel lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations au Maroc. Non. Pas moins de 17 marabouts auraient fait le voyage. Et le plus choquant ? Leur présence aurait été financée par les deniers de l’État sénégalais. Autrement dit, par les impôts de chaque Sénégalais.

17 marabouts. C’est plus que l’effectif de certains staffs techniques. C’est une véritable armée de l’ombre, déployée non pas pour travailler la tactique ou la condition physique, mais pour conjurer le sort, influencer les arbitres et tordre le bras du destin. Une aberration sportive qui devient un scandale comptable.

Mais ce n’est pas tout. Dans le même flux de révélations, une autre bombe a été lâchée, aussi grotesque qu’inquiétante : le médecin de la sélection nationale, en poste depuis une dizaine d’années et présent lors de la dernière Coupe du monde, était en réalité… gynécologue. Un spécialiste de la santé des femmes qui se retrouve à soigner des sportifs de haut niveau sur les bancs de touche des plus grandes compétitions.

La Fédération sous le feu des critiques.

Ces informations, si elles se confirment, dessinent le portrait d’une institution en plein chaos. Comment justifier que l’argent du contribuable serve à financer des pratiques spirituelles lorsque les infrastructures manquent et que les centres de formation réclament des moyens ? Comment expliquer qu’un gynécologue ait pu passer dix ans sous le maillot national sans que personne ne s’en émeuve ?

La finale de la CAN, déjà entachée par l’épisode ubuesque où le sélectionneur Pape Thiaw avait ordonné à ses joueurs de quitter le terrain, prend aujourd’hui une tout autre dimension. Ce n’était plus un simple coup de pression tactique, mais le symptôme d’une gestion où l’irrationnel semble avoir pris le pas sur le rationnel.

Le grand écart sénégalais.

D’un côté, une tradition culturelle profondément ancrée, un rapport au spirituel que beaucoup de joueurs revendiquent comme une force mentale. De l’autre, un détournement de fonds publics et un amateurisme qui n’a plus sa place dans le football moderne.

Il est temps de trancher. Si les marabouts sont une affaire de foi personnelle, qu’ils restent dans l’intimité des joueurs. Mais si l’État paie, alors le peuple a le droit de savoir. Ce qui était une légende en 2002 est devenu un scandale en 2026.

Les Lions ont rugi en Corée. Mais au Maroc, ils ont surtout fait rire d’eux. Et quand on gratte le vernis de la réussite passée, on découvre une fédération qui a perdu le nord, préférant les incantations à la compétence, et la magie à la méthode.

Le foot africain mérite mieux que des mystères. Il mérite des comptes. Et ceux-ci devront être rendus.

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