Match retour pour la yole ambassadrice: des Sénégalais sur le sol martiniquais

À peine arrivés du Sénégal, ils ont entamé leur visite par la découverte du Tour de Martinique en Yoles Rondes. Juste la dernière étape mais pas la moins spectaculaire : celle qui attribue le titre de vainqueur final de cette compétition inscrite dans le patrimoine et les cœurs des passionnés martiniquais.

Mis à l’honneur pour cette dernière course, le maire de la commune de Gorée, Augustin Senghor a donné le départ à Rivière Pilote de cette ultime régate, avant d’embarquer sur un bateau suiveur à la découverte de cette effervescence maritime.

Durant un peu moins d’une semaine, Augustin Senghor accompagné de son directeur de cabinet Lamine GUEYE et Karim Sène maire de Fimela (agglomération comprenant le village de Djilor), ont été conviés afin de concrétiser sur place en Martinique, les relations renouées depuis l’initiative de l’association Martinique Yole Ronde Transmanche.

« À Gorée nous avons découvert la Yole grandeur nature, mais ici nous avons vu une compétition de Yoles grandeur nature ! … moi, ce qui m’a marqué, c’est tout ce qui l’entoure : cette ferveur, ce rassemblement géant autour de l’ensemble de l’île de MARTINIQUE, cette organisation ; c’est magnifique ! »

Augustin Senghor, maire de Gorée et adjoint au maire de Dakar (Sénégal)

En mai dernier, une quarantaine de Martiniquais avait fait le déplacement au Sénégal. Il s’agissait d’offrir aux autorités de Gorée, une Yole symbole de l’identité culturelle et du patrimoine de la Martinique. Mais il s’agissait aussi de marquer l’anniversaire d’un double événement : les cinquante ans de la visite officielle du président du Sénégal Léopold Sédar Senghor à son ami martiniquais Aimé Césaire ; ainsi que la 178ème commémoration de l’abolition de l’esclavage.

Faire fructifier les liens entre le Sénégal et la Martinique

Entre-temps les autorités des deux territoires ont pris conscience que c’était peut-être là, l’occasion de concrétiser ce pont de fraternité qu’avaient à l’époque lancé les deux hommes de culture et du mouvement de la négritude.

Mais un « pont » pour quoi faire ? Échanges culturels, économiques, touristiques, éducatifs ? C’est toute la (les) question(s) que doivent se poser aujourd’hui les différents acteurs de part et d’autre de l’Atlantique.

Toute cette semaine, les réunions et échanges se sont donc multipliés, à la rencontre des différentes édilités de l’île. Rencontres politiques et institutionnelles mais également visite de terrain.

La journée de mardi a par exemple permis un partage d’expériences quant à la mise en valeur de la biodiversité des îlets du Robert. Au Sénégal, l’île de Gorée fait partie du programme SMILO (Small Islands Organisation). Un programme de coopération mené par une ONG internationale qui vise à préserver les tout petits écosystèmes insulaires et marins, dans un développement et une gestion durables de leurs ressources. L’objectif étant d’inclure les îlets robertins dans cet accompagnement vers ce label d’îles durables.

Autre projet à l’étude : le jumelage entre la commune de Basse Pointe et celle de Fimela. La première étant lieu de naissance d’Aimé Césaire, la seconde est le chef-lieu de la communauté rurale qui englobe seize villages dont celui de Djilor, lieu de naissance de Léopold Sédar Senghor.

Les descendants de Césaire et Senghor réunis

Forcément, cette visite en Martinique ne pouvait pas se faire sans un hommage à Aimé Césaire. De la même manière qu’il y a 3 mois la délégation martiniquaise s’était rendue au Sénégal sur les traces de Léopold Sédar Senghor et de son village d’enfance, Djilor.

La délégation sénégalaise a été conviée sur les traces d’Aimé Césaire à Fort de France. Lundi, un premier hommage a été rendu sur la tombe du penseur martiniquais, député-maire de la Martinique décédé le 17 avril 2008 et enterré au cimetière La Joyau de Fort-de-France.

Dans la foulée, la délégation était conviée au siège de la Communauté d’Agglomération de l’espace Sud, à Rivière Salée.

L’occasion de réunir la famille Césaire, l’occasion aussi d’une photo symbolique d’un Mathieu Césaire – petit-fils d’Aimé – aux côtés d’Augustin Senghor – petit-fils de Léopold ; avec en toile de fond la photo en noir et blanc de leur grand-père respectif, prise le 14 février 1976 à Fort-de France, lors de la visite officiellement du précédent sénégalais en Martinique.

Enfin, ils ne pouvaient pas quitter la Martinique, sans une visite des deux monuments historiques gardant la mémoire du chantre de la négritude : La maison d’Aimé Césaire à Redoute et son bureau situé dans l’ancien hôtel de ville à Fort-de-France.

En Afrique et partout dans le monde, le nom de Césaire est connu pour ses écrits, moins pour son engagement politique ; lui qui fut maire de Fort de France durant 56 ans et député de la Martinique durant 47 ans.

« Le but final de tout ceci c’est un rapprochement qui ne fait sens que si ça permet de nous reconnecter dans beaucoup de domaines. Ça peut être l’environnement parce que nous partageons un contexte insulaire, ça peut-être la culture, ça peut être aussi l’économie et le tourisme, parce qu’il est temps qu’au-delà des institutionnels, les deux peuples puissent se retrouver »

Augustin Senghor, maire de Gorée

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