Miranda Priestly inspirée par Anna Wintour ? Meryl Streep révèle une origine beaucoup plus surprenante
20 ans après le premier opus, Miranda Priestly retrouve son trône de marbre dans une suite impériale, révélant au passage les secrets masculins d’une interprétation devenue légende du cinéma.
Le timing est celui d’une horloge suisse, ou plutôt d’une collection de haute couture dont on n’attendait plus le défilé. Depuis le 29 avril 2026, les salles obscures bruissent du retour de la plus célèbre prédatrice du papier glacé. Sous la direction de David Frankel, qui reprend les commandes deux décennies après avoir gravé le premier volet dans l’acier, Le Diable s’habille en Prada 2 s’impose déjà comme le phénomène cinématographique de ce printemps.
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Si les retrouvailles entre Meryl Streep, Anne Hathaway et Emily Blunt flattent la nostalgie des spectateurs, elles sont surtout l’occasion pour l’interprète de l’iconique Miranda Priestly de briser un mythe vieux de vingt ans : celui d’une inspiration exclusivement calquée sur la papesse de Vogue, Anna Wintour.
L’héritage détourné des maîtres d’Hollywood
Si l’ombre de la journaliste américaine a longtemps plané sur le personnage de Lauren Weisberger, Meryl Streep a profité de la promotion de cette suite pour dévoiler une genèse bien plus virile et surprenante. Invitée sur le plateau de Stephen Colbert, la comédienne aux trois statuettes dorées a confessé avoir puisé la sève de sa cruauté hiératique chez deux monstres sacrés de l’industrie : Clint Eastwood et Mike Nichols.
Pour bâtir cette figure de rédactrice en chef dont le seul silence suffit à glacer les couloirs de la rédaction, l’actrice n’a pas cherché chez les femmes de pouvoir, mais dans l’autorité naturelle et presque murmureuse des grands bâtisseurs du septième art.
Le souffle court de Clint Eastwood
Chez Clint Eastwood, son partenaire de jadis sur les routes de Madison, Streep a dérobé une arme redoutable : le volume sonore comme instrument de domination. Miranda Priestly ne crie jamais ; elle chuchote. Cette économie de décibels, propre au cinéaste californien, oblige l’interlocuteur à une soumission physique, un basculement du corps vers l’avant pour capter l’oracle. « Clint n’élevait jamais la voix« , se souvient-elle
À cette structure hiératique, il fallait ajouter une âme, ou du moins une forme d’esprit capable de manier le fleuret du mépris avec une élégance assassine. C’est dans le souvenir de Mike Nichols, réalisateur disparu en 2014 et complice de longue date de la star, que Meryl Streep a trouvé cette étincelle de méchanceté spirituelle.
Le cinéaste de Le Lauréat possédait cet humour singulier, ce sarcasme parfois cryptique qui laissait son auditoire dans un inconfort jubilatoire. En fusionnant l’autorité silencieuse d’Eastwood et l’ironie cinglante de Nichols, l’actrice a accouché d’une créature hybride. Miranda Priestly est, selon ses propres mots, le fruit d’une filiation imaginaire entre ces deux géants : l’enfant terrible de la rigueur et de la dérision.
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