Mobilités à Saint-Laurent-du-Maroni : habitants, cyclistes et usagers imaginent ensemble la ville de demain
Et si les habitants devenaient les véritables architectes des déplacements de demain à Saint-Laurent-du-Maroni ?
Jeudi après-midi, à Kamalaguli Connect, la Ville a réuni habitants, médiateurs, techniciens et usagers autour d’un atelier participatif consacré au futur Schéma Directeur des Mobilités Actives (SDMA). Une concertation citoyenne où chacun était invité à dessiner, proposer, débattre… et surtout partager son quotidien sur les routes saint-laurentaises.
Objectif : imaginer une ville plus fluide, plus sûre et plus agréable pour les piétons, les cyclistes et les usagers des mobilités douces.
« L’idée, ce n’est pas d’imposer un schéma vu par des techniciens, mais de prendre les avis de ceux qui utilisent la ville au quotidien. »
Depuis plusieurs mois, la municipalité travaille avec les bureaux d’études Egis et C2R pour construire ce futur schéma directeur. Un document stratégique qui doit permettre de sécuriser les déplacements et anticiper l’évolution rapide de la ville.
Une ville qui grandit… et des routes saturées
À Saint-Laurent-du-Maroni, les habitants sont nombreux à pointer les difficultés quotidiennes : embouteillages, absence de trottoirs, circulation dangereuse pour les vélos ou encore manque d’aménagements adaptés.
« Aujourd’hui, on a des routes qui fonctionnaient quand Saint-Laurent comptait 10 ou 15 000 habitants. Elles sont désormais sous-dimensionnées. »
Parmi les axes régulièrement cités : l’avenue Gaston Monnerville, l’avenue Christophe Colomb ou encore le carrefour de Paul Castaing, considéré comme particulièrement dangereux.
Pour Jean-François, habitant et cycliste du quotidien, le constat est sans appel :
« La circulation à vélo à Saint-Laurent, c’est très dangereux. La ville n’a vraiment pas été conçue pour faciliter les déplacements à vélo ou à pied. »
Face aux cartes étalées sur les tables, les participants ont alors proposé des pistes concrètes : création de pistes cyclables continues, trottoirs sécurisés, meilleure séparation des usages, nouveaux aménagements routiers ou encore espaces de rencontre pour les jeunes.
« Il y a urgence »
Dans les ateliers, un même sentiment est revenu : celui d’une urgence à agir.
« Les participants veulent que les travaux se fassent dans les deux ans. Ils ressentent une urgence à avoir un réseau sécurisé rapidement. »
Pour certains habitants, la question dépasse même la simple circulation. Elle touche directement à l’emploi, à l’insertion et à l’accès aux activités du quotidien.
Conseillère en emploi accompagné à l’EPNAK Guyane, Isabelle estime que la mobilité est aujourd’hui un véritable frein social :
« Les personnes que nous accompagnons ne peuvent pas toujours aller en stage ou à leurs rendez-vous parce qu’elles n’ont pas de moyen de déplacement. »
Elle plaide notamment pour davantage de lignes de bus, des passages piétons mieux sécurisés et une signalisation plus claire afin de réduire les accidents et faciliter les déplacements des jeunes.
Même volonté d’agir du côté de Johannes, médiateur de la ville, venu participer aux échanges pour défendre ses propositions :
« C’est important d’être là pour faire passer ses idées. »
Parmi ses priorités : le réaménagement des zones dangereuses et la création d’espaces de rencontre pour les jeunes.
Une concertation pensée avec les habitants
Au-delà des infrastructures, cette démarche participative veut replacer les habitants au cœur des décisions publiques.
« Les projets pensés uniquement dans un bureau fonctionnent parfois très bien sur le papier… mais pas dans la réalité. »
Chaque contribution recueillie durant les ateliers doit désormais permettre d’ajuster les priorités du futur schéma directeur.
L’étude finale est attendue d’ici quelques semaines, avant une phase de communication puis les premiers travaux envisagés dès fin 2026 ou début 2027.
En attendant, une chose semble déjà acquise : les habitants veulent désormais prendre part à la transformation de leur ville.
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