Washington (© 2026 Afriquinfos)- Après une édition 2022 quittée dès la phase de groupes, le Ghana retrouve la Coupe du monde pour la cinquième fois de son histoire. Un retour salué d’autant plus qu’il intervient quelques mois seulement après l’échec d’une qualification pour la CAN 2025, mais qui se présente dans un climat de turbulences rares à l’approche d’un tournoi majeur.
Une qualification maîtrisée, signe d’un redressement
Le parcours éliminatoire a tranché avec l’année précédente (2024). Vainqueur de son groupe avec vingt-cinq points, huit victoires et seulement six buts encaissés, le Ghana a affiché un visage compétitif, dominant notamment ses confrontations directes face à Madagascar et au Mali. Une moyenne de points élevée sur la durée qui constitue, en soi, une vraie performance et le signe d’un retour sur le devant de la scène continentale.
Le poids de l’histoire, et le spectre uruguayen
L’histoire ghanéenne en Coupe du monde est riche, et marquée par une traumatisme tenace. La première participation, en 2006, fut une réussite immédiate: une qualification en huitièmes dès l’entrée, ponctuée d’une victoire de référence contre une République tchèque alors auréolée d’une demi-finale d’Euro, avant de buter sur le Brésil de Ronaldo.
Mais, c’est l’édition 2010 qui demeure le sommet et le drame du football ghanéen. Seul rescapé africain (au second tour) d’un Mondial disputé sur le continent, le Ghana porta les espoirs de toute l’Afrique jusqu’aux portes du dernier carré. À la dernière minute de la prolongation du quart de finale face à l’Uruguay, une main volontaire de Luis Suarez sur la ligne priva les Black Stars d’un but qualificatif. Le penalty qui suivit fut manqué par Asamoah Gyan, et l’élimination consommée aux tirs au but. Un scénario d’autant plus cruel que l’équipe se présentait portée par une jeune génération décomplexée, tout juste sacrée Championne du monde U20 (en 2009, en Egypte). Cet épisode reste, au-delà des nombreux succès continentaux, l’image à laquelle le pays est toujours aujourd’hui associé.
L’Uruguay, devenu une sorte de bête noire, recroisa la route du Ghana en 2022 pour l’éliminer une nouvelle fois dès la phase de groupes. Un nouveau penalty manqué par les Black Stars venant alourdir la frustration.
Un vivier exceptionnel, des regrets récurrents
Le Ghana s’est toujours appuyé sur un vivier de joueurs générationnels — d’Essien à Muntari, de Gyan aux frères Ayew – adossé à un football longtemps bien structuré, notamment dans la formation des jeunes, là où nombre de pays du continent peinent à organiser de véritables compétitions-. Ce potentiel explique le statut historique des Black Stars, capables de regarder n’importe quelle sélection mondiale dans les yeux. Mais il s’accompagne de regrets: le pays détient aussi un record de défaites en finale de CAN, et l’absence persistante d’un gardien de très haut niveau est pointée comme un handicap décisif dans les grands rendez-vous.
Une crise de banc à dix semaines du tournoi
L’élément le plus préoccupant tient au timing: la Fédération a limogé son sélectionneur à dix semaines du Mondial, dans la foulée de revers sévères en amical.
Au-delà du choix porté sur Carlos Queiroz, c’est la logique de projet qui interroge. Nommer un sélectionneur pour la seule Coupe du monde serait une erreur : avec deux CAN à venir rapidement, la priorité devrait être de reconstruire un cycle et de retrouver la compétitivité continentale qui a fait la grandeur du Ghana ! Le Mondial 2026 devrait être le début de quelque chose, non un nouvel aboutissement isolé.
Un groupe relevé, un premier match décisif
Le tirage place le Ghana dans une poule exigeante avec l’Angleterre, l’une des favorites, et la Croatie, troisième en 2022 et finaliste en 2018, une nation vieillissante autour de Modrić, mais portée par une génération montante. Le Panama, premier adversaire, qui n’a jamais remporté un match de Coupe du monde dans son histoire, apparaît comme le rendez-vous le plus abordable et, partant, fondamental: la CAN a montré que le Ghana pouvait passer à côté face à des équipes théoriquement à sa portée.
Une préparation amputée de sa star
Dernier coup dur: le forfait sur blessure de Mohammed Kudus, considéré comme la grande star de l’équipe et l’un des joueurs les plus doués du continent, victime d’une rechute musculaire dont l’issue.
Son absence privera le Ghana d’un joueur taillé pour un rôle axial autour duquel le système était pensé, et reportera la pression sur Antoine Semenyo. Performant en club avec Man City, ce dernier reste toutefois discret en sélection: à lui, peut-être, d’écrire enfin son histoire en équipe nationale, une Coupe du monde pouvant toujours révéler un joueur insoupçonné !
Pronostic Afriquinfos : Elimination en phase de poules
Panama : N, Croatie : D, Angleterre : D. 1 points
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