Agriculture : le Ghana sécurise 429 millions d’euros d’investissement pour ses infrastructures

La faiblesse des infrastructures de transport dans les aires rurales africaines continue d’affecter les flux agricoles, d’alourdir les coûts logistiques et de limiter l’intégration des marchés. Plusieurs pays investissent ces dernières années dans l’amélioration des réseaux routiers.

La Banque mondiale a approuvé le 28 mai dernier, un financement de 500 millions USD (environ 429,3 millions d’euros) pour renforcer la connectivité des régions rurales au Ghana, en particulier celle des zones de production agricole. Ce financement s’inscrit dans le cadre du Ghana Market Access and Connectivity Project (GMACP), un programme de cinq ans mis en œuvre par le ministère des Routes et des Autoroutes.

L’initiative prévoit la réhabilitation et l’entretien de plus de 1 000 km de routes rurales dans plusieurs régions agricoles clés, notamment l’Upper West, le Nord, la Savane, l’Oti, la Volta, l’Est, l’Ashanti, le Bono et l’Ouest. Ces zones abritent des poles de production de cultures essentielles comme le maïs, le riz, l’igname et le manioc, au cœur de la sécurité alimentaire nationale.

La Banque mondiale indique que la dégradation des infrastructures routières a longtemps affecté les moyens de subsistance des populations rurales, en compliquant l’accès aux marchés de consommation urbains, en augmentant les coûts du transport et en favorisant des pertes post-récolte évaluées à environ 1,9 milliard USD (1,63 milliard d’euros) par an. Une part importante des récoltes est en effet perdue ou dévalorisée avant d’atteindre les circuits de commercialisation.

Réduire les pertes en améliorant l’accès aux marchés

Le projet vise donc à améliorer la connectivité permanente entre zones de production et pôles de consommation, afin de réduire les coûts logistiques, de raccourcir les délais d’acheminement et de renforcer la fiabilité des approvisionnements. Il doit également faciliter l’accès des petits producteurs à des marchés plus larges et mieux rémunérateurs.

Selon la Banque mondiale, le programme devrait bénéficier directement à plus de 550 000 personnes, dont environ 350 000 agriculteurs, 250 000 femmes et 310 000 jeunes. Il est également attendu qu’il génère environ 25 000 emplois directs temporaires, liés aux travaux de réhabilitation et d’entretien routier. Le projet est conçu comme un levier d’amélioration des chaînes de valeur agricoles, avec des effets attendus sur les prix alimentaires et la sécurité alimentaire.

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Le défi de la durabilité

Les futures infrastructures intégreront une dimension de résilience climatique, avec des routes et systèmes de drainage conçus pour résister aux aléas météorologiques de plus en plus fréquents. Le programme prévoit aussi l’opérationnalisation du Fonds d’entretien routier (Road Maintenance Trust Fund – RMTF), et l’introduction de contrats de maintenance basés sur la performance, afin de garantir la durabilité du réseau routier.

Dans un contexte plus large, le secteur agricole ghanéen reste confronté à des contraintes structurelles, notamment le déficit d’infrastructures de stockage et la faiblesse des capacités de transformation. Ces limites limitent encore la valorisation de la production et la stabilité des revenus ruraux.

À l’échelle du continent, ces contraintes induisent des pertes agricoles importantes liées aux chocs climatiques, et des systèmes alimentaires fragilisés. Les investissements dans les réseaux ruraux apparaissent ainsi comme un levier clé pour changer la donne, à condition d’être accompagnés par des progrès sur la logistique et la transformation agroalimentaire.

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