Nécrologie. L’écrivain de science-fiction Dominique Douay, enfant de Romans-sur-Isère, est mort

Dominique Douay, écrivain de science-fiction et ancien haut fonctionnaire, est mort à 82 ans. Né le 16 mars 1944 à Romans-sur-Isère (Drôme), ce Romanais d’origine avait mené une double carrière peu commune, entre littérature et engagement au cœur de l’État. C’est depuis sa ville natale qu’il avait construit son parcours. Il y effectue toute sa scolarité : à l’école Saint-Maurice, puis à l’école primaire République, avant de rejoindre le lycée Albert-Triboulet. Il poursuit ensuite des études de droit à Lyon, puis intègre l’École nationale des services du Trésor à Paris, prélude à une carrière dans l’administration.

Maire de Romans entre 1977 et 1983

Il rejoint en 1981 les allées du pouvoir en devenant chef de cabinet de Georges Fillioud, conseiller général de la Drôme de 1970 à 1982 et maire de Romans-sur-Isère de 1977 à 1983 avant d’être nommé ministre de la Communication dans les gouvernements de Pierre Mauroy puis de Laurent Fabius. Une expérience marquante, au moment où le paysage audiovisuel français connaît de profondes transformations.

Premier livre dans les années 1970

Mais Dominique Douay n’était pas qu’un homme de cabinet. Dès les années 1970, il s’était fait un nom dans la science-fiction française. Sa première nouvelle, Les Ides de Mars, publiée en 1973 dans la revue Fiction, ouvre une œuvre qui comptera une cinquantaine de textes courts et une quinzaine de romans et recueils. Parmi eux, La Vie comme une course de chars à voile (1978), L’impasse-temps (1980) ou encore Car les temps changent (2014).

Auteur engagé, classé à gauche, il participe à plusieurs anthologies militantes comme Banlieues rouges (1976), Retour à la terre 2 (1976) ou Planète socialiste (1977). Son écriture, influencée notamment par Philip K. Dick, explore les failles du réel, les dérèglements du temps et les frontières de la folie. Il contribue aussi à structurer le genre en France, en cofondant en 1984 la collection « Fictions » aux Éditions La Découverte avec Patrice Duvic et Jean-Pierre Andrevon, puis en participant à la collection « Futurs » aux Éditions de l’Aurore.

Après une période plus discrète, il revient au premier plan dans les années 2010 grâce aux éditions Les Moutons électriques. En 2017, il est invité dans l’émission La Grande Librairie, une reconnaissance rare pour un auteur de science-fiction.

Parallèlement, il poursuit une carrière dans la fonction publique comme magistrat financier à la chambre régionale des comptes, en Rhône-Alpes puis en Polynésie française, et enseigne à l’Institut d’Études Politiques de Lyon. Ceux qui l’ont connu décrivent un homme chaleureux, curieux, toujours disponible pour le débat. Un Romanais resté fidèle à ses racines, jusque dans un parcours qui l’aura mené des rives de l’Isère aux sommets de l’État. Avec sa disparition, la science-fiction française perd une plume singulière, et l’administration, un serviteur engagé.

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.