« Des blocs se sont détachés et ont été emportés par le talus », le quartier Filao au Marigot sous la menace d’un glissement de terrain
Au quartier Filao au Marigot, le constat est saisissant. Une partie de la chaussée communale, d’une vingtaine de mètres, est désormais suspendue dans le vide. Le trottoir a déjà cédé.
« On a eu un très important glissement et une chaussée qui est impactée sur une vingtaine de mètres linéaires, avec un pan de béton qui menace de tomber dans le vide et une chaussée communale qui a été l’objet d’un arrêté, pour arrêter toute circulation dans le secteur. »
Cynthia Yerro, maire du Marigot · ©interrogée par Delphine Bez et Eddy Bellerose
Face à ce danger imminent, un arrêté municipal a été pris pour interdire toute circulation dans le secteur. Seuls les piétons sont autorisés à emprunter la zone.
« On a déjà des blocs qui se sont détachés et qui ont été emportés par le talus. Donc, nous avons demandé à la population de ne pas utiliser la chaussée et d’arrêter toute circulation, donc uniquement des piétons, pour ne pas continuer à mobiliser ce talus. »
« On s’inquiète pour les jours à venir »
Ce sont les fortes pluies de mercredi soir qui ont provoqué le glissement de terrain. Les riverains racontent :
« C’est le cousin qui nous a appelés à 5h30 pour demander d’enlever les voitures rapidement parce que la terre était déjà tombée. À part la pluie, on n’a rien entendu. J’étais choquée, effrayée, puisqu’on est juste à côté. Ce n’est pas évident. Quand on pense à ce qui s’était passé à Saint-Jacques, on se pose beaucoup de questions pour les jours à venir. Comment ça va se passer ? En plus avec la pluie qui ne cesse pas, donc on verra », témoigne une habitante.
Raymond, qui habite le quartier depuis 20 ans, avait déjà observé des signes avant-coureurs.
« J’observe surtout ce pan de trottoir qui, on pensait, allait partir et a fini par partir, et précisément depuis décembre, parce que ça s’était drôlement écarté, et affaissé. Donc on se disait que tôt ou tard ça allait partir et c’est le cas. (…) Quand il y a eu l’éboulement, je me suis rendu compte qu’il y a une source en dessous. Parce qu’il y a un écoulement d’eau en permanence qui est là, et ça coule. Donc on pense qu’il y a une source là. »
Raymond, habitant du quartier Filao · ©interrogée par Delphine Bez et Eddy Bellerose
Au-dessus de la zone, plusieurs habitations sont particulièrement exposées, certaines à seulement quelques mètres du bord de l’effondrement. Les premières observations laissent craindre une aggravation.
« Nous attendons les conclusions définitives du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), parce que dans les premières constatations, on pourrait penser que la tête du glissement se trouve derrière les maisons, donc ils pourraient être impactés à plus long terme si on ne prend pas des mesures très rapidement. Vous supposez bien que les riverains sont très inquiets, que les nuits sont difficiles, mais nous mettons les moyens qu’il faut pour leur apporter des solutions, nous espérons, dans des délais très courts »
Cynthia Yerro, maire du Marigot
Un arrêté de péril imminent
Une maison fait l’objet d’un arrêté de péril imminent. Elle est menacée par un important amas de terre.
« Nous avons été contraints de prendre un arrêté de péril imminent pour la maison de la parcelle B-306, donc entre Filao et plateforme, de telle sorte que les occupants puissent libérer la maison, parce qu’il y a une masse de terre de plus de 600 mètres cubes qui pourrait menacer cette habitation. »
Cynthia Yerro, maire du Marigot
Malgré le danger, le propriétaire ne s’est pas encore résolu à partir. Une situation délicate pour la municipalité.
« C’est un riverain qui avait déjà été impacté en 2020 par un léger glissement, en tout cas moins important que celui d’aujourd’hui, sauf que la condition actuelle fait qu’il faut absolument cesser le danger et déjà mettre les vies humaines à l’abri. Donc, nous l’avons obligé à quitter les lieux. »
La municipalité assure mobiliser tous les moyens nécessaires pour sécuriser la zone et accompagnera l’habitant dans ses démarches de relogement « dans les jours à venir ».
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