L’intensification des violences prive les populations de leurs moyens de subsistance et pousse désormais certaines d’entre elles à fuir vers le Bénin voisin. Selon le Programme alimentaire mondial, plus d’un millier de Nigérians ont bénéficié d’une assistance au Bénin le mois dernier. Parallèlement, les besoins continuent d’exploser.
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En un an, 700 000 personnes supplémentaires se sont ajoutées à celles souffrant déjà d’insécurité alimentaire aiguë dans le nord-est, portant leur total à plus de 6 millions de victimes, alors que l’aide alimentaire, elle, a été réduite de moitié faute de financements. Le Programme alimentaire mondial identifie désormais neuf États du nord du Nigeria parmi les zones les plus critiques.
Dans ces régions, les attaques de groupes armés, les enlèvements et les déplacements internes empêchent les habitants de cultiver leurs terres et compliquent l’accès aux soins. De nombreux centres de nutrition ont fermé faute de sécurité ou de financements.
Le PAM parle d’un « double piège » : le conflit coupe les populations des services essentiels, tandis que les coupes budgétaires réduisent l’aide humanitaire. Résultat, dans le nord-est du Nigeria, 6,2 millions de personnes souffrent aujourd’hui de faim aiguë, soit près de 13 % de plus qu’il y a un an. Dans certaines localités, le PAM évoque déjà une phase 5, le niveau le plus critique de la classification de la faim.
Privées d’aide alimentaire, certaines familles n’ont plus d’autre choix que de prendre toujours plus de risques pour survivre. Des femmes quittent les camps de réfugiés pour aller chercher du bois, au risque d’être enlevées ou victimes de violences sexuelles. Et, selon le PAM, certains jeunes rejoignent des groupes armés pour quelques dizaines de centimes par jour, simplement pour pouvoir manger.
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