Les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), leurs alliés du Front de libération de l’Azawad (FLA), l’armée malienne et les supplétifs russes d’Africa Corps sont accusés par Human Rights Watch (HRW) d’avoir « commis de graves abus contre des civils » depuis l’intensification des combats au Mali après les attaques coordonnées des 25 et 26 avril.
Dans un rapport publié lundi 29 juin, l’ONG affirme que « toutes les parties ont attaqué illégalement des civils » et que certaines ont également « détruit et pillé leurs maisons et leurs commerces ». Les affrontements déclenchés après l’offensive menée par le JNIM et le FLA contre plusieurs positions de la junte auraient fait au moins 13 morts et 25 blessés parmi les civils à Gao et Kidal.
Un habitant de Kidal, âgé de 38 ans, raconte avoir été blessé lors des combats. « J’ai été touché par des balles à l’épaule droite et à la cuisse gauche », explique-t-il, sans pouvoir identifier l’origine des tirs, « les coups de feu venaient de toutes les directions ».
Exécutions, frappes et destructions dénoncées
HRW accuse également le JNIM d’avoir incendié plus de 40 véhicules civils entre le 6 et le 21 mai sur les axes menant à Bamako et d’avoir « exécuté publiquement un homme » dans la ville de Tonka. « Nous avons récupéré son corps (…) avec une balle dans la tête« , témoigne un habitant interrogé par l’ONG.
L’organisation met aussi en cause l’armée malienne, qu’elle accuse d’avoir tué 38 civils, dont 23 enfants, lors d’opérations menées contre des communautés peules dans le centre du pays. Deux frappes de drones présumées sont également évoquées, à Guimbé et Tené. « J’ai entendu un bruit venant du ciel puis une explosion », raconte un habitant de Tené. « Nous avons constaté que les dégâts étaient énormes, avec des morts et des blessés. »
Pour établir ces faits, HRW indique avoir réalisé 34 entretiens à distance, analysé des images satellites, des vidéos et des photographies. L’ONG affirme avoir sollicité les autorités maliennes sans obtenir de réponse. Le JNIM a déclaré qu’« il ne peut y avoir de guerre sans coûts humains », tandis que le FLA assure avoir « pris suffisamment de mesures pour que les civils ne soient pas des victimes collatérales des combats ».
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