Le Nord-Ouest est devenu la plus récente région du Nouveau-Brunswick à adopter le modèle Planète Jeunesse (Planet Youth), programme visant à accompagner les jeunes et les aider à réduire leur consommation, renforcer leur santé mentale et les inciter à s’engager davantage dans leur communauté.
Le gouvernement fédéral a annoncé, mercredi matin, un financement de plus de 560 000$ pour lancer ce projet et lui permettre de se développer au cours des quatre prochaines années.
Selon divers intervenants participant à la mise en place de ce modèle islandais dans la région, l’une des qualités de celui-ci est qu’il permet d’agir en amont et non seulement de réagir lorsque la problématique s’est installée chez les jeunes.
«Je pense qu’il y a beaucoup d’initiatives qui sont faites pour agir sur la problématique concrète et non la prévention. On a beaucoup d’intervenants qui sont essentiels dans nos communautés pour agir avec nos jeunes et d’autres individus qui sont déjà pris dans la problématique», a indiqué l’infirmière en Santé publique dans la région du Nord-Ouest, Martine Michaud.
Selon la coordonnatrice en développement communautaire à la Commission des services régionaux du Nord-Ouest (CSRNO), Élaine Côté, l’inclusion des jeunes dans la communauté passe par une approche communautaire.
Elle a expliqué que le programme donnera la capacité aux intervenants de comprendre les motivations intrinsèques des jeunes.
«Souvent, on prend trop de temps pour dire ce que l’on pense que les jeunes veulent, mais on veut savoir ce qui motive les jeunes et ce qu’ils voient comme barrières afin de trouver des solutions.»
Le système sera déployé autour de cinq piliers: les loisirs, la vie familiale, l’école, les groupes de pairs et l’espace digital.
Dans cette optique, l’un des objectifs sera aussi de récolter des données afin de mieux cibler les interventions qui peuvent être différentes d’une communauté à l’autre au Nord-Ouest.
Selon l’agent de développement à la jeunesse au sein de la CSRNO, Normand Bourdeau et l’infirmière Martine Michaud, il existe néanmoins une problématique de consommation de substances comme des drogues, de l’alcool, du tabac et du vapotage dans la région que l’on souhaite réduire.
«Il y a une hausse de consommation de différentes substances. C’est ce qui nous amène à travailler avec le programme Planet Youth. Une hausse, c’est toujours problématique et ce n’est pas ce que l’on veut, donc, avant que ce soit un problème massif, il vaut mieux travailler en prévention», a mentionné M. Bourdeau.
«Il y a plusieurs enjeux comme partout ailleurs au Canada. On a des enjeux au niveau de la dépendance (…) Le sondage va nous permettre d’aller chercher les facteurs de risque et de protection», a ajouté Mme Michaud.
Celle-ci ne croit pas que la situation soit tellement plus grave qu’ailleurs, même si certains éléments – comme l’emplacement de la région à la frontière du Québec et des États-Unis – peuvent agir comme porte d’entrée pour les problèmes de dépendances.
Au-delà des statistiques liées à la consommation de substances, Élaine Côté croit fermement que le projet permettra de donner plus de place aux jeunes et leur faire vivre des expériences plus positives.
Selon Normand Bourdeau, la première étape du projet est de former un groupe de travail composé d’intervenants de divers secteurs comme la CSRNO, la Santé publique, les forces policières, les organismes oeuvrant dans ce milieu et des jeunes.
«Les jeunes vont être directement impliqués dans la coalition et pas seulement pour cocher des cases. On veut qu’ils participent activement pour comprendre le résultat des sondages, à avoir leurs opinions. On va aussi être présent dans plusieurs activités pour parler de Planète Jeunesse.»
Ceux-ci vont recevoir une formation en lien avec le programme Planète Jeunesse afin de bien implanter le modèle et intervenir de façon efficace lorsque les premiers résultats des sondages réalisés auprès des jeunes seront connus.
Un succès en Islande
Planète Jeunesse a vu le jour en Islande au tournant des années 2000. En plus de 25 ans, les données récoltées ont montré des diminutions importantes des cas de consommation de drogues, d’alcool et de tabac; une plus grande implication des jeunes dans les loisirs; et une augmentation du temps passé en famille.
Il est utilisé dans plus de 140 communautés dans le monde. Au Nouveau-Brunswick, il est présent dans les régions de Chaleur, de la Péninsule acadienne, de Kent, de Woodstock et de Saint-Jean.
«On voit les beaux résultats obtenus avec ce modèle. De voir tous ces chiffres en Islande, les expériences positives que les autres régions de la province ont eues et les commentaires positifs des intervenants, ça nous a convaincus d’avoir ça dans notre région», a souligné Élaine Côté.
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