- Depuis trois ans, une guerre sanglante entre généraux rivaux fait rage au Soudan.
- Le conflit a fait des centaines de milliers de morts et a engendré une catastrophe humanitaire.
- Une conférence s’est tenue, mercredi 15 avril, à Berlin, pour replacer ce conflit « oublié » au centre de l’attention.
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Soudan : une guérilla entre généraux embrase le pays
Mettre fin au « cauchemar »
de la guerre au Soudan. C’est, en substance, le message adressé par la communauté internationale, à l’issue de la conférence de soutien à ce pays du nord-est de l’Afrique qui s’est tenue, mercredi 15 avril, à Berlin, en Allemagne. Celle-ci s’est accompagnée de la collecte de plus de 1,3 milliard d’euros de promesses d’aide humanitaire, à défaut d’un cessez-le-feu.
Depuis trois ans, un huis clos meurtrier entre généraux rivaux a fait sombrer la République du Soudan dans ce que l’ONU a qualifié de « plus grande crise humanitaire au monde »
. Une tragédie humaine qui se déroule dans un silence assourdissant, éclipsée par les guerres en Ukraine, à Gaza et maintenant en Iran.
« N’oublions pas le Soudan »
, lançait sur le réseau social X (nouvelle fenêtre) le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avant le début de cette conférence. « Jamais, depuis le début du siècle, autant de personnes ont été exposées à la famine et à la faim »
, soulignait le chef de la diplomatie française. « Des millions de déplacés fuyant les combats, les violences sexuelles et les exactions. Des millions de femmes, d’enfants qui manquent de tout : de nourriture, de médicaments, de tentes pour s’abriter dans des camps où des centaines de milliers de réfugiés vivent dans le dénuement le plus absolu. »
Sept Soudanais sur dix vivent dans la pauvreté
Les chiffres donnent le tournis : au moins 150.000 morts, 13 millions de déplacés et plus de 20 millions de personnes souffrant de la famine, soit la moitié de la population du pays, estimée à quelque 50 millions d’habitants. Cette guerre est un « cauchemar »
qui doit « prendre fin »
, a exhorté le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, appelant à un cessez-le-feu immédiat. Cependant, trois ans jour pour jour après le début du conflit, la réunion de Berlin, qui a rassemblé des gouvernements, des agences humanitaires et des organisations de la société civile, tout en excluant les deux belligérants, à savoir l’armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), n’a pas permis de réaliser de percée en vue d’une éventuelle trêve.
Au-delà de la destruction des infrastructures, la guerre au Soudan a précipité davantage la population dans l’insécurité alimentaire et la misère : environ sept Soudanais sur dix vivent désormais dans la pauvreté du fait du conflit. Avant ce conflit, « il y avait probablement environ 38% de la population qui vivait dans la pauvreté et maintenant on estime ce chiffre à environ 70% »
, a déclaré à l’AFP Luca Renda, le directeur du Programme de l’ONU pour le développement (PNUD) au Soudan, utilisant comme point de référence un seuil de pauvreté à 4 dollars par jour (3,40 euros). Au moins un quart de la population soudanaise est considéré comme vivant avec moins de 2 dollars par jour (1,70 euro), a-t-il souligné.
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Le Soudan a sombré dans la guerre civile en raison d’une lutte acharnée pour le pouvoir opposant le numéro un de l’armée (et dirigeant du pays), le général Abdel Fattah al-Burhan, et son ancien adjoint, le général Mohamed Hamdane Daglo, qui commande les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Le 15 avril 2023, une série d’attaques meurtrières ont frappé des sites gouvernementaux dans plusieurs villes du pays, dont Khartoum, la capitale, où les paramilitaires ont pris le contrôle du palais présidentiel et de l’aéroport international. En dépit des efforts des diplomaties internationales pour convaincre les parties de cesser les hostilités, le conflit s’est enlisé puis a viré à la guerre civile.
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