Les ministres de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), lors d’une réunion à Bamako, ont examiné l’état d’avancement du projet de navigation sur le fleuve Sénégal, sur lequel les États membres misent pour renforcer les transports régionaux et améliorer la connexion du Mali aux marchés extérieurs.
L’Organisation tient les 20 et 21 juin la 64e session extraordinaire de son Conseil des ministres, au cours de laquelle sont examinés l’état d’avancement des projets stratégiques de l’Organisation, au premier rang desquels figure le projet de réhabilitation et de développement de la voie navigable entre la ville de Saint-Louis, au Sénégal, et celle d’Ambedidi, à l’ouest du Mali.
Cette réunion intervient alors que le Mali, pays enclavé, s’efforce de diversifier ses voies d’accès aux marchés régionaux et internationaux et de réduire sa dépendance vis-à-vis des réseaux de transport terrestres, qui sont confrontés à des défis liés aux coûts et aux conditions logistiques.
Le gouvernement malien a indiqué que l’ordre du jour de la réunion portait également sur la gouvernance des entreprises du réseau de l’organisation, la maintenance des installations de production et de transport d’énergie, ainsi que le suivi de la mise en œuvre des projets communs dans les domaines de l’eau, de l’énergie et des transports.
Le projet de navigation s’étend sur une distance d’environ 905 kilomètres et vise à créer une voie fluviale capable de transporter d’importants volumes de marchandises chaque année, dans le cadre d’un système de transport multimodal combinant la navigation fluviale, le transport routier, le transport ferroviaire et les infrastructures portuaires.
La Société de gestion et d’exploitation de la navigation sur le fleuve Sénégal (SOGENAV) est chargée de superviser cet aspect du projet, qui comprend l’aménagement du chenal de navigation, la sécurisation de la circulation des bateaux entre Saint-Louis et Mbidedi, ainsi que le développement des escales fluviales.
Au cours de la période écoulée, le projet a fait l’objet de travaux de mise en valeur comprenant l’élimination des obstacles à la navigation, le dragage de certaines parties du cours d’eau et l’installation d’équipements destinés à faciliter la circulation fluviale, ainsi que la réalisation d’études visant à définir une vision stratégique s’étendant jusqu’en 2035.
L’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal constitue un cadre de coopération entre le Mali, le Sénégal, la Mauritanie et la Guinée.
Son action s’est historiquement concentrée sur des projets liés à l’énergie et à l’eau, notamment les barrages de Manantali, de Felo et de Guina, ainsi que la centrale de Diamma.
Selon les responsables, le développement de la navigation fluviale pourrait contribuer à réduire les coûts de transport, à soutenir l’activité économique dans les régions riveraines et à renforcer l’intégration des marchés en Afrique de l’Ouest.
Toutefois, la réussite du projet reste subordonnée à la mise en place d’un financement durable, à la garantie de l’entretien de la voie navigable, au développement des infrastructures connexes, ainsi qu’à la poursuite de la coordination entre les États membres de l’organisation.
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